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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 08:00
Le récit suivant, est dédicacé à mon ami Zou, qui m'a demandé une histoire avec un personnage féminin, ainsi qu'à mademoiselle Kejik, dont l'aide m'a été précieuse lors de mes moments de panne d'inspiration, et qui m'a demandé une histoire sur la folie.

Lucie et le vide

 

            J’ai vu les gens hurler tout autours de moi, j’ai vu leurs visages déformés par la douleur, ce devait être assourdissant, mais je n’entendais rien…

 

            Lucie se réveilla. La première chose qu’elle vit fut le plafond bleu-gris de la petite pièce. Elle ne savait pas où elle était, mais elle savait dans quoi elle était. « Pourquoi m’ont-ils envoyée dans l’espace ? » Ses lèvres formèrent les mots, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il fallait un petit moment pour retrouver l’usage de la parole après un sommeil cryogénique. Elle se leva, essaya de rassembler ses souvenirs. Quelle était la dernière chose…

… Le docteur Frederik. Il lui avait donné ses médicaments comme tous les soirs, avec une petite pilule en plus, pour l’aider à mieux dormir, lui avait il dit. Et elle était là. La pièce, située à l’intérieur d’une capsule spatiale, n’avait qu’un petit hublot donnant sur un sas non éclairé. Elle y vit son visage, celui d’une jeune femme de 25 ans aux cheveux en bataille. Elle y vit aussi sa nudité. D’un réflexe, elle mit sa main devant sa poitrine et son autre main entre ses jambes, avant de se rendre compte qu’elle n’avait personne à qui cacher quoi que ce soit. Elle se détendit. Au coin de la pièce, se trouvait un uniforme beige. Elle l’examina un moment, il lui plaisait, il lui rappelait ce pyjama qu’elle portait il y a longtemps, lorsque tout allait bien, et qu’elle vivait à la maison, avec Papa et Maman.

_ Bonjour, Mademoiselle Lucie

  La voix était masculine, chaude et rassurante. Lucie reconnut l’homme en face d’Elle. Elle savait qu’il n’était pas réel.

_ C’est vous Karl ?

_ Bien sûr, mademoiselle, toujours à votre service.

_ Non, Karl, ce n’est pas bien, vous n’êtes pas vrai, vous êtes une image dans ma tête, vous êtes une voix qui n’est pas réelle.

_ Je n’ai jamais prétendu le contraire, mademoiselle Lucie.

_ Il faut que je prenne mes médicaments, une fois que j’aurais pris mes médicaments, tout ira mieux.

_ Il n’y a pas de médicament ici, mademoiselle.

  Lucie resta interloquée devant cette vision. Karl était un homme habillé en majordome. La quarantaine, il avait les tempes grisonnantes et un air affable, le genre de personne qu’on jugerait incapable du moindre mal.

_ Pourquoi, dit Lucie. Pourquoi suis-je ici ? Où suis-je d’ailleurs ? Où est le docteur ?

_ Si vous me le permettez, mademoiselle, mettez d’abord vos vêtements, vous allez prendre froid.

_ Je veux bien, Karl, mais ils sont trop grands. Ce sont des vêtements d’adultes, je suis trop petite.

_ Mais non, voyons, ils ont été taillés pour vous, laissez moi vous aider.

  Le majordome prit la main de Lucie dans la sienne. Lucie vit sa main. Elle était devenue petite et menue, elle avait de nouveau dix ans, et Karl l’aidait à enfiler son pyjama. « Non, se dit elle, je n’ai pas dix ans, je suis seule dans une capsule spatiale, en train de parler à mon ami imaginaire » L’espace d’un instant, elle se retrouva dans son corps d’adulte, en train d’enfiler un uniforme qui était parfaitement à sa taille, toute seule

_ Lucie, s’il vous plait !

  Comme brutalement, Karl fut de nouveau devant elle, et elle avait de nouveau 10 ans. En effet, le pyjama lui allait parfaitement

_ C’est vrai, mademoiselle, vous êtes seule et adulte, mais est-ce vraiment ce que vous voulez croire ?

_ Je ne veux pas être seule, Karl, s’il vous plait.

_ Je ne vous quitte plus, mademoiselle. Nous allons bientôt arriver.

_ Arriver où, Karl ?

_ Le docteur Frederik m’a tout expliqué, ne vous inquiétez pas.

  Un signal sonore se fit entendre à l’intérieur de la capsule. Lucie prit peur. Karl se déplaça pour se trouver à coté de la capsule d’hibernation.

_ Venez ici, mademoiselle

_ J’ai peur Karl, je ne sais pas ce qui se passe

_ Il se passe simplement que nous arrivons, mademoiselle, regardez dans votre caisson.

  Karl montra un bouton.

_ Appuyez dessus, dit il simplement.

  Lucie s’exécuta. Un compartiment s’ouvrit. A l’intérieur…

_ Rodolphe ! Cria Lucie, transportée de joie de retrouver son nounours. Elle prit dans ses bras la peluche brune et usée, mais tenant encore en un seul morceau et commença à la câliner.

_ Nous y voici.

  La porte du sas était ouverte. La capsule s’était arrimée à un bâtiment. Il faisait noir à l’intérieur. Lucie serrait convulsivement sa peluche dans son bras gauche et tendit sa main vers Karl, qui la lui prit avec douceur.

_ Venez, mademoiselle, nous sommes arrivés chez nous.

_ Chez nous ? Vraiment ?

_ Oui. Ne vous inquiétez pas, je vous l’ai dit, le docteur m’a tout expliqué.

_ Je ne veux pas y aller, il fait noir.

_ Vous n’avez qu’à crier « Lumière » et tout s’éclairera.

  Lucie passa le sas et fit un pas à l’intérieur de la base spatiale. Elle cria « Lumière » et les capteurs envoyèrent immédiatement l’ordre d’allumer les lumières du hall principal d’accueil de la base-relai Synchron V. Après plus de 10 années de solitude, cette base avait retrouvé un occupant… 


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Published by Space Freak - dans Lucie
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commentaires

AkaiKen 19/04/2008 12:38

Histoire passionnante =) j'aime beaucoup, même si la fin fait un peu télescopée (dans le même temps, c'est le principe d'une nouvelle)

Zou 16/04/2008 22:11

En remerciement, je te promets un dessin pour illustrer cette nouvelle (dans quelques jours !)

Space Freak 17/04/2008 08:01


Je n'en attendais pas moins


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