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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 12:55
Il paraitrait que j'en écris pas mal, alors j'en ai fait un nouveau: [edit] Le texte en question a été depuis brillament illustré par miss SAD chez qui vous pouvez aussi retrouver ce texte, ainsi que moult autre jolies choses[\edit]

Etat de grâce.

 

            Tellon regarda sa main. Il pouvait enfin bouger tous ses doigts. Respirant un grand coup, il fit un effort surhumain au terme duquel il put enfin se relever. Il se sentait encore faible, mais ses forces revenaient progressivement. Tournant son regard à droite et à gauche, il vit ses deux compagnons faire de visibles efforts pour se relever à leur tour. Estimant qu’ils avaient suffisamment récupérés, il leur lança :

_ Bon, alors, qui peut me dire ce qui n’a pas marché ?

  Scax passa sa main sur sa nuque et se tourna vers lui.

_ C’était un sort d’engourdissement, et il a été précisément dirigé vers nous. Ils savaient exactement où nous étions.

_ Et toi, Leo, tu n’aurais pas pu leur balancer une flèche ? Tu m’écoutes Leo ?

_ Un instant, j’émerge.

_ Bon, de toute façon, ils auraient été trop loin. Je ne pense pas que ça aurait fait la moindre différence. Ce que j’aimerais savoir, c’est comment ils savaient…

_ Beob.

_ Pardon, Leo, tu dis ?

_ C’est Beob, l’elfe qui nous a mis sur cette affaire ; J’ai eu le temps de l’apercevoir sur le chariot du convoi. Pas étonnant qu’ils aient su où nous étions, après ça.

_ Beob ? Mais qu’est-ce qu’il faisait là ?

_ Il jouait double jeu, le fourbe, voilà ce qu’il faisait.

_ Dans un sens, il nous a aidé.

_ Ah bon ? J’aimerais bien que tu m’expliques, Scax.

_ Vu la force du sort qui nous a été lancé, l’escorte de ce trésor n’était pas faite de menu fretin. Nous aurions été hachés.

_ Ah, ben merci Beob, dans ce cas, de nous avoir juste fait passer pour des imbéciles. Bon, ramassons nos affaires, on rentre.

  Tellon ramassa son épée et la rengaina dans son fourreau. Scax ramassa et épousseta légèrement son baton, et Leo fit de même avec son arc. Le guerrier, le sorcier et le demi-elfe se mirent en marche silencieusement  travers le bois.

_ Ca nous aurait quand même remis à flot, cette idole, non ?

_ On raconte qu’elle est maudite.

_ On ne l’aurait pas gardée, de toute façon.

_ Arrêtez de pleurer sur un trésor perdu, il y en a d’autres à trouver. D’ailleurs on arrive à notre planque…

_ Silence !

_... Qu’est-ce qu’il y a Leo ?

_... Nous ne sommes pas seuls…



 

            La colline qui se dresse au milieu de ce bois est connue comme la colline du dernier combat. La légende dit qu’il y a longtemps, trois guerriers luttèrent vaillamment contre une armée d’Orques et ce pendant un jour et une nuit. Acculés au sommet de cette colline, ils employèrent leurs dernières forces à lutter contre l’ennemi, gardant l’ultime espoir de voir le soleil se lever. Et aux premières lumières de l’aube, tous furent blessés mortellement. Leur sacrifice ne fut cependant pas vain. Le temps pendant lequel les guerriers luttèrent fut utilisé par les citoyens du royaume voisin pour se rassembler et marcher sur l’armée Orque affaiblie par leur combat. En souvenir de ce combat, un temple fut érigé au sommet de la colline. Faute d’entretien, il est désormais en ruine, mais la légende de ce lieu reste vivace…

 

            Les trois compagnons s’arrêtèrent un instant derrière un arbre. Haletants, ils regardèrent alentour.

_ On doit avoir une minute d’avance sur eux, pas plus, dit Tellon. Scax, tu peux lancer un sort de discrétion sur nous ?

_ Ca ne servirait à rien. Ces types nous cherchent. Il faudrait un sort d’invisibilité, mais ça je ne sais pas le faire.

_ Alors on est fichu. Là-bas, c’est un gouffre, et de ce coté ci, une falaise. Le seul chemin est bloqué par cette bande. Et ils nous veulent.

_ Non, ils veulent l’idole. Après tout, on a qu’à dire qu’on ne l’a pas, et…

_ Scax, t’es peut être un sorcier pas mauvais, mais tu reste le plus grand candide que j’ai jamais vu. Ils ne vont pas nous croire en voyant juste notre bonne bouille. Ils tuent d’abord, et fouillent ensuite. Dépêchons, ils vont nous rattraper.

 

_C’est beob, dit Leo en courant. Ils nous a mis sur l‘affaire, et ensuite il a du mettre la bande au courant de ce coup, et il leur a dit de nous attendre pour avoir l’idole. Maintenant, ils sont après nous et ces convoyeurs d’idole cheminent tranquillement…

_ Tais-toi et cours. On s’en fiche du pourquoi. C’est la bande d’Eric, et ce ne sont pas des tendres.

  Leo s’arrêta soudain, et dans un geste fluide,  tira une flèche de son carquois, banda son arc et tira. Il abattit un homme qui tomba d’un arbre, quelques pas devant lui.

_ A couvert ! Cria Tellon.

  Ils eurent juste le temps de se cacher avant qu’une pluie de flèche s’abatte sur eux.

_ Bon, et bien par là aussi c’est bouché. Il nous reste cette colline là-bas.



 

  Les trois compagnons étaient épuisés, ils arrivèrent au sommet de la colline alors que la nuit devenait noire. Ils s’effondrèrent sur le sol d’un temple en ruine, haletant, serrant leurs armes dans leur main.

_ On ne les entend pas, dit Tellon

_ Ils ne se pressent pas, dit Scax, ils savent qu’on est encerclé. Ils sont autours de cette colline.

_ Eric a rameuté toute sa bande, dit Leo. Il a même un ou deux trolls, des orques, et quelques autres surprises.

_ Sans compter les sorciers. Je les ai sentis.

_ Donc on est fichus.

  Tellon planta son épée dans le sol et s’appuya dessus pour se relever. Il regarda et commença à rire

_ Qu’est-ce qu’il y a ?

_ On est sur la colline du dernier combat. Vous ne trouvez pas que c’est un peu ironique ?

_ Il ne nous reste plus qu’à mourir, mon vieux. Tâchons de faire ça avec honneur.

 

 Les trois compagnons avaient repris leur souffle. Tenant chacun son arme, ils attendaient, prêts.



Soudain quelque chose voilà l’éclat des étoiles. Une fine pluie se mit à tomber. Curieusement, elle ne semblait pas froide aux guerriers et au sorcier. Tous les trois virent les ennemis autours d’eux, en tout plus d’une centaine. Jamais ils ne s’étaient sentis aussi calmes. Tellon leva son arme, se mit en garde. Scax se concentra et commença à psalmodier une incantation. Leo arma son arc et visa. A ce moment, seul le bruit de la pluie couvrait le silence. Un fourré bougea soudain. Leo tira et arma dans un même mouvement. Tellon bougea son épée et trois autres épées furent bloquées par ce seul mouvement. Se dégageant, il fit tournoyer sa lame et ses adversaires tombèrent à terre. Scax, quant à lui, fit surgir trois rayons  lumineux qui prirent la forme de dragons, et plongèrent dans les fourrés environnants. Et les ennemis attaquèrent en masse. Ils furent d’abord déconcertés par l’aisance au combat de leurs trois adversaires. Leur attaque désorganisée poussa trop rapidement certains en première ligne tout en empêchant ceux derrière de s’approcher. Tellon taillait en pièce ceux qui étaient trop proches de lui. Jouant de la lame et du pied, il frappait, se couvrait, assomait un ennemi et l’envoyait de faire embrocher sur la lame d’un autre brigand. Leo tirait flèche sur flèche, parfois deux en même temps, et aucune ne manquait son but. Les ennemis tombaient, et quand ils furent trop près, il dégaina ses dagues et frappa, taillant à son tour dans la masse de ses ennemis. Scax avait l’œil partout, protégeant ses amis des attaques magiques des sorciers d’Eric par des boucliers de lumières, il semait la panique et la mort avec ses dragons de lumière. Des cris se firent entendre vers les lignes arrière des brigands. Les trolls se frayaient un passage à coup de masse. Ils voulaient attaquer. Tellon et Leo se jetèrent un regard complice. Un troll n’est pas une mince affaire à tuer, mais deux, c’est encore pire. Dos à dos, l’home et le demi-elfe attendirent qu’un troll fasse face à chacun d’eux. Comme ils l’espéraient, les trolls frappèrent en même temps, et atteignirent chacun l’autre. Entraînés par leur violence et leur bêtise, ils continuèrent à se battre pendant que Tellon et Leo se remettaient à décimer les troupes des brigands.

 


Le combat dura toute la nuit. Les trois compagnons luttaient sans relâche et les ennemis tombaient, ou s’enfuyaient. Au petit matin, ne restait plus qu’un seul ennemi. Eric, Un querrier haut comme un colosse, à la musculature puissante et à la hache double affutée. Il bondit vers Tellon, qui l’évita de justesse. Eric attaqua encore et encore. Tellon se défendait à peine, visiblement épuisé. Il tomba. Eric eut un sourire satisfait, leva sa hache et l’abattit sur son ennemi. Ou du moins, il tenta. Son regard s’était figé sur sa hache qui s’était plantée dans le sol. Baissant les yeux, il vit Tellon, dont l’épée était enfoncée jusqu’à la garde dans sa poitrine. Il voulut articuler quelque chose, mais n’y parvint point, et il tomba. Tellon sortit l’épée de son ennemi, et se prépara à faire face à de nouveaux adversaires… qui ne vinrent point. Ils avaient gagné. Alors, se rendant compte qu’ils avaient réussis l’impossible, les trois compagnons s’écroulèrent d’épuisement. Sur le sol du temple de la colline du dernier combat.

 



Le lieu était baigné d’une lumière douce, apaisante et irréelle. C’était le début d’une plaine verdoyant aux parfums agréables et parcourue de créatures incroyables. Tellon, Scax et Leo étaient assis dans l’herbe.

_ Je crois qu’on est mort, dit Tellon

_ Ah, oui, mais après quel combat ! Bon sang, je ne me savais pas capable d’une telle magie.

_ Ni moi d’une telle précision

_ Et moi donc, seul en train de parer trois adversaires. Il faut bien qu’on se fasse à cette idée, les gars, nous étions possédés.

_ Possédés, mais par qui ?

_ Sur la colline du dernier combat ? Pour moi, il s’agissait des trois guerriers.

_ Ils s’appelaient comment au fait ?

_ Quelle importance ?

_ Eh ! Attendez, je vois quelque chose à l’horizon. On dirait trois silhouettes.

_ Tu les distingues ?

_ Assez mal, on dirait qu’ils nous font signe de partir. Nous ne sommes pas encore attendus ici.

_ Qu’est-ce que ….

 

  Tellon ne finit pas sa phrase. Il se réveilla. De retour sur la colline, il se releva et sentit son corps endolori, mais encore solide. Scax et Leo étaient aussi en train de se réveiller. Il regarda l’épée à sa main. Ce n’était pas la sienne, mais une épée bien plus belle et plus solide. Scax avait un bâton bien différent de celui habituellement dans ses mains, et il en était de même pour les armes de Leo… Oh, oui, des choses s’étaient passés cette nuit, et des choses avaient changés pour ces trois minables voleurs, plus si minables d’ailleurs, et peut être plus voleurs après ça…

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Published by Space Freak - dans histoires courtes
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commentaires

Lud 16/01/2009 23:04

Alors chez toi je laisse un commentaire sur l'histoire. J'irai chez SAD après.

Donc une petite erreur : Eric, un guerrier et non pas un querrier...

Sinon, je trouve l'histoire très plaisante, une belle petite légende. Un bon rythme avec ce récit de la bataille qui vient couper le dialogue et une fin bien amenée.
Des dialogues peut-être un peu fade mais qui filent.

Bref dans l'ensemble j'ai trouvé ça clair et bon. Facile à lire.

Après ce n'est que mon avis... ;)

SAD 16/01/2009 19:36

ça y'est la version couleur et en ligne!!! j'ai passé de plombes à taper ton texte!!! j'arrive pas à faire copier/coller... Mais ça rend bien mieux avec le texte, ...
je trouve!!! XD
ouf c'est fini!!!!Ouaaaaaaaaaaaaa;)

Malek 16/01/2009 04:56

C'était franchement bien. Je lirai la suite.

Sylvain 15/01/2009 17:51

Mais c'est VRAIMENT bien, ça ! (pour de la fantasy)

Space Freak 15/01/2009 21:12


C'est vrai que, en tant que recette de cuisine, y a mieux!


SAD 15/01/2009 17:49

ça y'est!!!!!! je t'ai mis la version noir et blanc, chez moi, j'espère que ça te plaira!?!?

Space Freak 15/01/2009 21:07


Je n'aurai qu'un mot: merci! Allez encore un petit pour la route: superbe!


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