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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 08:00

            Je reprends mon récit alors que nous venons d’arriver sur la terre ferme. Je ne sais combien de temps il nous a fallu pour traverser cette mer gelée, car il n’y a plus de jour ni de nuit dans cette partie du monde, mais un continuel et froid crépuscule. J’évalue néanmoins cette partie de notre périple à deux ou trois jours. Les bêtes sont fourbues et ont besoin de repos. L’ours, comme à son habitude, n’a pas dit un mot. Sans doute a-t-il raison. Nous avons passé un lieu au-delà des mots. La parole des hommes ne me manque pas tant que ça. Lorsque j’y repense, aux mots, ceux qui me reviennent en premier sont ceux de ces recruteurs qui nous haranguaient. Ils nous promettaient la gloire et la fortune. Et de ce que j’ai fait sous les mots des chefs, je n’en ai tiré que la honte et une solde de misère que nous dépensions à boire et à essayer d’oublier dans les bras de ces femmes à vendre. Non, je ne regrette pas la parole des hommes. En définitive, l’ours est le meilleur des compagnons de voyage.

 

            Depuis quelques jours, je n’ai plus peur de retourner dans ces contrées, dans ces lieux où j’ai autrefois combattu, pendant des saisons plus clémentes, débarquant après avoir navigué sur une mer alors liquide. Je me souviens des visages de ceux que nous avons massacré, je me souviens de leurs cris, je me souviens de leur courage. Qu’ai-je accompli ce jour là ? Rien. Nous avions voyagé en espérant la fortune, et nous avons massacré des gens inutilement. Eux seuls savaient vivre dans ces lieux inhospitaliers, eux seuls savaient survivre aux rudes saisons, et à ce crépuscule qui m’entoure actuellement. Oh, Dieux ! Combien sont passés sous ma lame. Ma barbe pousse depuis mon départ, et je suis méconnaissable par rapport à celui que j’étais avant de partir. Oui, je me sens autre, plus calme, plus détaché.

 

Ma décision est prise. Une fois le bois livré à ces tribus, j’ai décidé de ne pas me cacher, je leur dirai qui je suis et ce que j’ai fait. Je ne crains pas leur jugement. Quoi qu’ils me fassent, je l’ai mérité.

 

Je m’appelle Caine, j’étais un soldat, je suis devenu, l’espace d’un voyage, convoyeur de bois vers les contrées du nord, et je serai bientôt jugé par les habitants desdites contrées.

 

            Caine enroula son journal, remit son pendentif à son cou. Au contact de sa peau, la lumière du pendentif s’éteignit. Il se coucha. Le sommeil arriva bientôt, ainsi que les rêves

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Published by Space Freak - dans histoires courtes
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