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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 08:00

Voici le second texte, qui a obtenu la quatrième place

 

 

Lutter contre le froid.

 

L'injection fit hurler Bennett.

Immédiatement son corps fut secoué de tremblements, il fut pris de vertiges et une intolérable vague de chaleur le submergea.

« Ce virus de synthèse provoque un mal de chien mais c'est ce que j'ai trouvé de plus efficace en cas de gelures, de baisse de température pu autre affection liée au froid. Nous exploitons la glace des comètes. Nous devons être prêts à lutter contre le froid. » C’était Stuart qui s'était exprimé ainsi moins de vingt quatre heures auparavant. Il n’aurait pas imaginé que la lutte contre le froid prenne cette tournure.

 

C'était dix heures auparavant que le froid avait attaqué. La navigatrice Ann avait calculé la trajectoire de la comète au moins dix fois, elle n'aurait pas du percuter le vaisseau. Pourtant le fait était là. Un énorme soc de glace avait éperonné le vaisseau brise comète "Amundsen". Les mesures de sécurité s’étaient automatiquement mises en place, isolant la partie du vaisseau touchée, mais la situation avait rapidement dégénéré. Le chauffage du vaisseau était tombé en panne, faisant chuter rapidement la température. Les cloisons en contact avec la pièce isolée s’étaient couvertes de glace. La première victime fut le capitaine. Accidentellement il avait touché la glace. Ce contact l'avait fait hurler. Plusieurs hommes, dont Bennett et Stuart s’étaient précipités à son chevet. Il n'avait eu que le temps de dire « Ne me touchez pas! » avant d'être complètement immobile.

 

Un seul contact avec ce corps rigide avait suffit à contaminer Stuart. Lui aussi était devenu rapidement froid et raide. Les deux hommes irradiaient d'un froid intense. Il leur avait fallu une minute avant de se relever. Leur démarche raide, leur regard vide et surtout le froid qui se dégageait d'eux, Bennett en gardait un souvenir net et glacé. Rapidement la glace s'était répandue à toute la carlingue du vaisseau, gelant puis transformant tout l'équipage. Bennett n’avait du sa survie qu'à l'idée providentielle d'enfiler une combinaison isolante, prévue pour isoler du froid les exploitants de glace, et de se précipiter à l'infirmerie afin de s'injecter une dose du virus de synthèse. Il faisait face désormais à la porte de l'infirmerie. Sa seule chance était de gagner une capsule de survie et de s'éjecter du vaisseau. Mais traverser celui ci sans rien pour se défendre ne lui laissait pas beaucoup de chances. Il passa donc d’abord par la chambre d'outillage, d’où il sortit lesté comme un plongeur.

Bennett avançait lentement. Tout l'intérieur du vaisseau était recouvert d'une couche de glace uniforme. Un silence de mort régnait. Face à lui, se trouvait la porte menant au local cryogénique, où dormait le personnel en attente d’une comète à exploiter. Bennett hésita un moment. Qu’allait-il trouver dans ce local ? D'autant qu’au milieu du silence un bruit indéfinissable émanait de derrière la porte. La couche de glace obligea Bennett à utiliser le percuteur. L'outil plaqué contre la porte lança une onde de choc qui la fit voler en éclat. Le froid intense avait rendu le métal fragile comme du verre. Bennett resta interdit pendant une minute avant de se reprendre. Le local était une sorte d’immense couloir à section octogonale dont les pentes inférieures étaient recouvertes de capsules d’hibernation. Ce couloir était traversé par une passerelle, sur laquelle Bennett était engagé. De là, il voyait la situation. Toutes les capsules avaient été éventrées, et du métal tordu avaient été extraits les malheureux humains pour être transformés. La pièce grouillait de zombies. Par bonheur, la passerelle qui traversait le local était trop haute pour eux.

Le danger venait d’en haut. D’énormes stalactites de glace s’allongeaient à vue d’œil pour arriver à la hauteur de Bennett. De près elles révélaient leur vraie nature. Ces stalactites étaient en fait d’étranges tentacules d’un blanc froid terminées toutes par une gueule aux crocs de glace. Plusieurs de ces gueules firent face à Bennett, qui mit en marche un trancheur de glace à lame plasma. Bennett avança, balayant l’air de sa scie plasma. Les tentacules se révélèrent trop agiles pour ses gestes maladroits, mais il avançait lentement vers la sortie du local, vers les capsules de secours. Une des tentacules s’avança plus près, la gueule ouverte. Bennett lança le bras, certain de toucher sa cible, mais le monstre esquiva. Bennett se retourna, emporté par son élan. C’est alors qu’il la vit.

Ann, la navigatrice l’avait suivi. Elle aussi avait été contaminée, comme en témoignaient ses gestes raides et saccadés, mais il y avait dans son regard, quelque chose de suppliant, elle luttait intérieurement. La surprise, autant que la fatigue et la fièvre, paralysèrent Bennett une seconde.

La morsure de la créature lui arracha un cri. La douleur le fit se retourner promptement. La tentacule avait lâché prise aussi rapidement qu’elle avait mordu, elle semblait elle-même sous le choc, rebutée par la chaleur de sa victime. Bennett plongea la lame de son outil dans sa gueule, puis se dégagea par le coté, déchirant la bouche du monstre. Toutes les tentacules se joignirent en un cri de douleur et de rage qui, loin d’effrayer davantage Bennet, l’enragèrent encore plus. Il se mit à courir. Ce ne fut que lorsque la porte se fut refermée derrière lui qu’il commença à trembler. Le froid, comme un serpent glacé, s’insinuait dans ses veines. Néanmoins, il conservait sa mobilité et sa vivacité. Le virus en lui contrait la progression du mal. Il fallait mettre à profit le répit qu’il avait gagné par cette injection. Par miracle, la chambre d’éjection des capsules de secours était restée intacte.

Le reste ne fut que routine. Bennett mit le chauffage de sa capsule à fond alors que celle-ci s’éloignait du vaisseau. Et, alors qu’il s’éloignait du vaisseau, il regarda en arrière. La comète qui avait percuté le vaisseau avait l’air d’un gigantesque scorpion glacé agrippé au vaisseau, le transperçant de sa queue de cristal.

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Published by Space Freak - dans histoires courtes
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Alice 03/05/2012 15:51

J'aime beaucoup l'image du scorpion de glace harponnant le vaisseau. Très poétique après la scène de combat.

Selene-C 27/04/2012 18:24

Un peu de mal à suivre...
Il m'a fallu plusieurs lectures, et les variations de taille de la police de caractère ne m'ont pas vraiment aidée
Jolie, l'image finale du scorpion de glace...

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