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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 08:00

 Je souffrais de quelques contusions et entorses, mais je n’avais rien de grave. Néanmoins, j’avais perdu mon arme dans ma chute. Heureusement, ma balise était restée attachée à ma ceinture. Il me fallut nager pour me rendre sur le rivage. Je me suis allongé quelques instants sur le sol détrempé et spongieux pour me reposer quelques minutes.

A force de volonté, je parvins à me lever. J’avais froid. Il pleuvait toujours mais la lumière équivalait à celle d’une journée pluvieuse à midi. Je me trouvais en bordure d’une forêt décharnée. De curieux animaux se déplaçaient en volant ou en s’agrippant aux arbres. Je n’avais pas la moindre idée de l’endroit où je me trouvais, mais il fallait que je bouge si je ne voulais pas mourir de froid. J’ai avancé, d’un pas mal assuré, droit devant moi.

Au bout d’une minute, j’ai vu Sandova. Elle me montrait une direction. Au milieu de cette curieuse forêt qui mêlait le brun grisâtre au vert, le tout dans une atmosphère froide et humide, j’ai décidé de suivre cette direction. Je grelottais, serrant mes bras contre ma poitrine. Au bout d’une heure, j’ai compris où Sandova m’avait menée. Il s’agissait de l’épave d’un vaisseau. Elle était vieille mais le sceau du conglomérat était encore visible sur son coté. Cette épave avait visiblement été aménagée en campement de fortune. Je suis entré, oubliant toute prudence, trop heureux de trouver enfin un abri.

 L’intérieur était sec, et heureusement, aucun animal n’avait eu l’idée de s’installer en cet endroit. J’y ai trouvé deux couchettes, vieilles mais en bon état. Ce fut un vrai plaisir de me dévêtir et de me coucher au sec. Je m’endormis presque immédiatement.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 08:00

Je ne savais pas où j’étais, mais en fait je ne me posais pas la question ; Je flottais dans la pénombre, tout simplement.

Et soudain mes deux amoureux se trouvèrent dans mon champ de vision. Ils se tenaient la main

_ Je m’appelle Craig, me dit l’homme

_ Et moi Sandova, répondit la femme.

_ Je vous dois des excuse, poursuivit Craig, pour ce mauvais tour que je viens de vous jouer. Mais vous en comprendrez bientôt la nécessité. Comme vous pouvez le voir, nous étions soldats, et ennemis. J’étais un membre des commandos d’élite de l’empire

 _ Et moi, une éclaireuse de l’armée du conglomérat, dit Sandova.

_ Nous nous sommes écrasés sur cette planète quelques heures l’un après l’autre. En ce qui me concerne, je revenais d’une mission, seul survivant de mon régiment.

_ Moi, je revenais d’une mission de reconnaissance, et je m’étais éloigné de mon itinéraire initial pour échapper à une escouade qui me poursuivait.

_ Excusez-moi, dis-je. J’ai entendu parler des troupes lors de la guerre. Vous étiez conditionnés tous les deux. Comment se fait il que vous ne vous soyez pas battus ?

_ Il y a eu un facteur décisif, dit Craig

_ Lequel ?

_ Réveillez vous, me dit Sandova.

Je me suis retrouvé sur les bords d’une rivière, accroché au rivage par des branches qui s’étaient prises dans mes vêtements. J’avais eu la chance de ne pas me noyer, mais j’étais perdu, et la pluie ne s’était pas arrêtée de tomber.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:00

  L’image de cet homme et de cette femme me hanta pendant toute la soirée. Je m’endormis dans le cockpit, en rêvant de ce baiser. Je me réveillai en sursaut, manquant de peu de me cogner la tête. La nuit sur cette planète avait des allures de crépuscule permanent. Une lumière diffuse et floue semblait émaner de la brume. C’est grâce à cette lumière que j’ai pu le voir. Il était assis, en face de moi, calme et patient. Il avait un visage dur et carré, mais son expression, empreinte de tristesse et de douceur, ne carrait pas avec le personnage militaire. Car militaire, il l’était, son uniforme le prouvait.

 

_ Qui êtes vous ? Lui ai-je lancé.

 

  Il n’a pas répondu. Il s’est contenté de passer sa main dans ses cheveux. C’est à ses cheveux que je l’ai reconnu. C’était l’homme du baiser qui se tenait devant moi.

 

_ Qu’est-ce que vous voulez ?

 

  Toujours pas de réponse. Il s’est levé et est sorti du vaisseau. Il n’a pas ouvert le sas, il est simplement passé à travers la cloison. Je me suis levé, ai attrapé mon paquetage de survie, mon relais balise, et je suis sorti. Dehors, le froid s’était mêlé à la pluie, mais l’homme s’en fichait. Il m’attendait, marchant sur l’eau. La pluie passait à travers lui. Il s’est mis à marcher, à un rythme régulier, assez lent pour que je puisse le suivre en pataugeant. Nous avons traversé une forêt. Dans la lumière faible, j’avais du mal à distinguer les arbres des animaux potentiellement dangereux. Suivre cet individu me semblait à la fois important et de la plus haute imprudence.

 

La forêt a débouché sur une clairière, toujours inondée. D’abord au niveau des genoux, l’eau m’arrivais maintenant à la taille et suivre l’individu était de plus en plus ardu. Pourtant il continuait, toujours assez lentement pour que je le suive. Et puis il s’arrêta. Ce fut à ce moment que je me rendis compte qu’il était trop tard. L’eau m’arrivait au niveau des côtes et le courant, presque imperceptible au début, avait forci au fur et à mesure de mon avancée, et lorsque l’homme s’est arrêté, moi je n’ai pas pu, et j’ai été entraîné, vers ce qui s’est révélé être une chute d’eau.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 08:00

Dans la veine de "la gardienne", j'ai été inspiré pour une autre petite histoire en plusieurs parties

 

Les amoureux sous la pluie

 

Tout cela a commencé par un baiser

Un baiser, irréel, un baiser magnifique, un baiser qui ne cadrait pas avec le lieu.

La planète ressemblait à un énorme bourbier. La boue montait jusqu'aux genoux, des arbres aux racines apparentes arboraient des branches dénudées qui ne protégeaient en rien de la pluie qui tombait en continu.

Je m'y étais posé en catastrophe suite à une avarie de mon vaisseau. j'étais encore secoué par l'atterrissage brutal, je venais de mettre en route la balise de détresse quand je les ai vus.

Un homme et une femme qui s'embrassaient.

Ce n'était pas une illusion, ou une impression floue. Je les ai vus nettement, et longtemps. Sans prendre de précaution, je me suis approché d'eux. et c'est seulement lorsque je fus presque à leur contact qu'ils disparurent

Il m’a fallu un peu de temps pour reprendre mes esprits, et me rendre compte des risques inconsidérés que je venais de prendre sans raison valable. Je suis retourné à mon vaisseau. Il me fallait faire un inventaire du matériel et des vivres disponibles. Quelqu’un allait forcément passer à portée de ma balise.  Il me fallait être patient.

 

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 08:00

Et voici ma dernière participation au concours, intitulé "la sorcière et le dragon 3" Pourquoi 3 ? Tout simplement, parce que lors du concours de l'été dernier, le grand vainqueur était l'ami Mille visages qui avait publié un récit intitulé "la sorcière et le dragon" et ce récit avait gagné, à juste titre le concours. Vous pouvez le retrouver sur le blog de l'ami Mille ici

Sa suite, toujours écrite par l'ami Mille a été proposée au concours de l'automne, dont le thème était "royaume en ruine"

Elle se trouve ici

 

Enfin, cette troisième partie, écrite cette fois par mes soins, pour le thème "terreur hivernale".

 

La sorcière et le dragon 3

 

Les démons froids

 

            Le lieu est dit maudit, déserté des hommes, évités par les voyageurs. Il est dit qu’une horrible bataille qui eut lieu ici se termina par un bain de flammes qui laissa ce lieu sans vie et maudit.

            Regardez ces trois silhouettes qui parcourent le lieu. Ils courent dans la nuit froide de l’hiver, chichement éclairés par le bâton du premier d’entre eux. Les voilà arrivés dans les ruines du village jadis prospère de cette région. Ils entrent dans la seule bâtisse restée debout. Le groupe est composé de deux hommes et d’une femme. C’est du bâton de cette dernière qu’émane la lumière qui les guide et les éclaire. Elle est vêtue d’une tenue couvrante, bien qu’elle ne gêne pas ses mouvements. Le premier homme a une musculature de brute, mais son regard et son visage trahissent son intelligence. Le troisième est grand et maigre, vêtu sobrement d’une robe grise et épaisse, sa main ne quitte pas un grand bâton orné de runes.

 

Les trois individus reprenaient leur respiration. La course avait été longue.

_ Mille homme ! Cria le guerrier. Nous étions mille hommes. Tous transformés en ces… choses. Et nous sommes les seuls restants.

_ Ce n’est pas en hurlant que nous nous en sortirons, dit le mage.

_ Il nous reste quelles options ? Demanda la magicienne

_ Je n’en sais rien, dit le guerrier. Demande à notre mage élémentaliste si il le sait.

_ Taisez-vous, dit ce dernier. J’essaie de parler aux pierres.

_ Ca va nous avancer à quoi ? Dit la magicienne

_ J’apprendrai peut être à quoi rime tout ceci.

 

  Le mage caressait les pierres de l’ancien bâtiment. Fermant les yeux, il entra en transe. Les runes de son bâton se mirent à briller dans différentes couleurs. Le guerrier et la magicienne l’observaient, impassibles.

 

  Au bout de quelques minutes, le mage ouvrit les yeux.

_ Une sorcière, dit il. Plus puissante que ce que j’ai jamais vu. Luttant contre un royaume entier… Ils avaient détruit sa demeure, celle de ses ancêtres. J’ai vu un dragon aussi. Tué par le souverain du royaume… C’est de là que vient la malédiction. La rancune de ces deux êtres, mêlée, rôde et transforme cette terre en une contrée infertile et froide.

_ Et c’est cette rancune qui a contaminé tous nos hommes, et les a transformés en mort-vivants, dit le guerrier.

_ C’est bien possible, répondit le mage. Nous n’aurions pas du passer par cette route.

_ C’est un peu tard pour les regrets, dit la magicienne.

_ Mais il y a quelque chose qui ne va pas. Les pouvoirs d’une sorcière fantôme, même puissante…

_ Plus un mot ! dit la magicienne en regardant la porte

_ Que se passe-t-il ?

_ Il se passe que j’entend des pas… Nos anciens amis nous ont retrouvé

  Le guerrier dégaina son épée.

 

  Les trois compagnons sortirent. A l’extérieur, le sol suintait d’une lumière bleutée. Les mille hommes s’étaient rassemblés en rang devant le village et attendaient. Ils avaient une pâleur cadavérique et leurs yeux étaient morts. Face à eux, le mage et la magicienne tenaient fermement leurs bâtons respectifs, et le guerrier tenait son épée à deux mains.

_ Ils attendent quoi ? demanda la magicienne

_ C’étaient des soldats disciplinés, dit le guerrier. Ils ont gardé des habitudes militaires.

_ Là-haut, dit le mage, regardez !

 

  La lumière du sol s’étendait jusqu’à la colline située à coté du village. Et au sommet de celle-ci, campé sur ses pattes, le squelette d’un dragon semblait observer la scène de ses orbites vides. Il était gigantesque.

 

_ C’est lui qui a infecté mes soldats. Je le briserai une fois cette bataille finie. Dit le guerrier.

_ Si nous en sortons vivants, dit le mage.

_ Faisons face, dit la magicienne. Le plus fort guerrier de la troupe et le mage élémentaliste. Si les dieux nous aident, nous pourrons peut être en venir à bout. Invoque la terre, mage, un tremblement de terre les engloutira peut être.

 

  Le mage se concentra. Fermant les yeux, il leva son bâton, dont les runes se mirent à briller. Les troupes avancèrent d’un pas. Le guerrier se mit en garde, prêt à invoquer ses démons intérieurs et devenir berserker. Le mage ouvrit les yeux, son bâton allait frapper le sol. Il regarda la magicienne, le dragon…

 

Et s’arrêta. Les runes sur son bâton cessèrent de briller. Calmement il baissa les bras, et laissa son bâton tomber au sol. Les soldats firent un pas

_ Que fais tu, mage, dit le guerrier, tu es fou ?

_ Je savais que quelque chose n’allait pas. Calme toi. Nous ne risquons rien.

_ Mais la troupe, elle va nous.

_ Je savais que quelque chose n’allait pas. Nous sommes parti des royaumes de l’est avec mille hommes, mille HOMMES ! Aucune magicienne ne nous accompagnait !

  Le guerrier tourna son regard vers la magicienne. Ce n’était plus la jeune magicienne brune au teint rose, mais une apparition spectrale, à la beauté glacée, qui se tenait entre eux.

_ Le pouvoir des sorcières fantôme, dit le mage, se résume à celui de l’illusion. Il en est de même pour celui du dragon. Ces deux esprits se seraient nourris des âmes des défunts.

Face aux deux hommes, les soldats avaient perdu leur aspect cadavérique.

_ Capitaine, lança un soldat. Vous êtes redevenu normal !

Le soldat rengaina. L’illusion était réciproque.

  Le mage fit face à la sorcière. Celle-ci lança un cri strident qui troubla toute la troupe, avant de se volatiliser. L’obscurité régnait à nouveau.

 

Le jour avait fini par se lever. La troupe s’était mise en marche. Le mage fermait la marche. Il regarda le sommet de la colline, où le squelette s’était effondré sur lui-même. Baissant un peu les yeux, il vit le bâton de magicienne qui les avait éclairés planté dans le sol. Il adressa une prière silencieuse à la sorcière, puis se hâta de rejoindre la troupe.

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 08:00

Et voici ma deuxième participation au concours, qui a modestement terminé au bas du classement, avec l'autre. Puissiez vous apprécier la chose

 

Je les vois qui marchent

 

            Laisser moi d’abord vous poser une petite question. Cela fait combien de temps que vous n’avez pas vu le ciel bleu ? Depuis combien de temps avons-nous droit à ce ciel gris uniforme, ces nuits sans lune ni étoile, et ces températures hivernales ? Oui, la météo est figée depuis les événements que l’on connaît. Sans doute vous demandez vous pourquoi. Je ne sais pas. Je ne suis pas ici pour vous fournir des réponses. Moi, je ne fais que vous décrire ce que je vois. Je suis comme vous, je les vois qui marchent, le regard vide, le teint gris, la bouche ouverte, béante. Et certaines personnes souhaitent que je cesse de parler, sous prétexte que je pourrais créer la panique, que je pourrais nuire au moral des gens. Mais je continue quand même, parce que je pense que je ne pourrais pas faire baisser davantage le moral que tout ce qui nous entoure.

            Laissez moi maintenant vous parler de ce que j’ai vu, au tout début, il y a de cela un an.

            Cela se passait sur un quai de gare. Les trains avaient du retard, dans un sens ou dans l’autre. Et les gens étaient attroupés, attendant mi impatients mi résignés. Il faisait froid, la neige tombait, faiblement, juste histoire de nous rappeler que nous étions en hiver. Moi, j’étais au bord du quai, et je regardais devant moi, essayant de tromper mon ennui dans je ne sais plus quelle réflexion. C’est là que je l’ai vue. Elle était belle, elle tremblait sous la neige, les yeux baissés. Vous savez, pendant un moment, j’ai cru que ça aurait pu être un tout autre genre d’histoire, que j’aurais pu aller sur l’autre quai, qu’on serait parti, laissant les autres attendre… Mais je suis rapidement revenu à la réalité. Et la réalité, c’est que cette jeune personne s’est évanouie sur le quai. Elle est tombée doucement, au milieu de la foule. Et là, ça a commencé. C’est comme si ils s’étaient précipités lentement sur elle. J’ai voulu croire qu’ils voulaient l’aider, mais bientôt ils l’ont tous recouverte. Et je n’ai entendu que des grognements et des craquements, jusqu’à ce que je voie le sang couler du quai vers les voies. Je n’ai pas réagi, comme la plupart de gens à coté de moi,. Ce genre de situation, ça me semblait tout simplement impossible. Alors je les ai vus se lever, la bouche dégoulinante de sang, parfois encore remplie de chair. Certaines personnes, en face comme elles ont hurlé, et se sont faite attaquer à leur tour. Je n’ai pas vu la suite, le train était arrivé. Je suis monté dedans, et je suis parti loin du carnage. Pourquoi mon quai a-t-il été épargné ? Pourquoi sommes nous montés dans le train sans mot dire ? Je ne sais pas.

 Ce jour là, plusieurs attaques de ce genre se sont produites, dans des files d’attente, des arrêts de bus, des manifestations. Toujours des endroits peuplés. On a parlé d’un nouveau genre d’attentat, d’une arme chimique… Puis on a appris que ça ne se limitait pas à la ville, ni au pays, mais que partout ailleurs, c’était pareil. Des gens cliniquement morts, mais qui marchaient, et qui cherchaient à bouffer les vivants. Bien des politiciens, des scientifiques ont avancé des idées savantes pour expliquer ce qui se passait. Oui, ils en avaient des théories. Mais aucun n’avait le courage de dire la simple vérité : que personne ne savait réellement la cause de tout ça.

 

Combien de fois depuis ai-je entendu parler de réunion de famille qui se sont terminées par un carnage, lorsqu’un ou plusieurs des membres de la famille se sont jetés sur les autres pour les dévorer ? Ou bien ces gens qui ont verrouillé leur maison, se croyant à l’abri des bouffeurs, et qui se sont fait attaquer par leur femme ou leurs enfants, quand ce n’était pas eux qui attaquaient. J’ai même vu un jour une mère attaquer son enfant, alors qu’elle lui promettait un nounours moins de cinq minutes avant.

 

Nous les voyons tous, qui déambulent dans les rues, et parmi ces corps qui marchent se trouvent d’anciennes personnes que nous connaissions, parents, amis.

Mais réellement, ce qui me fait peur, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux à trouver ça normal. Il y a un bulletin quotidien à la télévision, qui annonce les lieux où ils se rassemblent, les lieux où ils sont susceptibles d’aller, et ce bulletin est devenu aussi ordinaire que la météo. Il est présenté par une jeune femme qui ne quitte pas son sourire, et qui parle de zombies comme elle parlerait de la pluie et du beau temps. C’est effrayant, en vérité. C’est en voyant ça que j’ai décidé d’émettre et de vous faire part de mes observations, de mes peurs, mais ça, on ne veut pas me le permettre. Pourquoi ?

 

Pour terminer, je vous dirai ceci. Je n’arrête pas de me demander ce qui se serait passé si, ce fameux jour où tout a commencé, je m’étais trouvé de l’autre coté des voies. Aurais-je réussi à m’enfuir ? Aurai-je été dévoré, ou bien est-ce que je serais devenu un d’entre eux ? Et bien il m’arrive de me demander si cette dernière éventualité n’aurait pas été préférable.

 

Voilà, c’était mon billet quotidien. Il ne me reste qu’à vous donner un conseil, celui que je vous donne tous les jours. Aimez vos proches, vos parents, vos amis, n’oubliez pas de le leur dire, et n’oubliez pas non plus qu’ils pourraient un jour aller grossir leurs rangs.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 08:00

Et bien, voilà. Le temps du concours pour le 'zine des autres mondes de l'hiver est terminé. Et figurez vous que j'ai fini troisième, avec le texte ci dessous. J'en ai écrit deux autres qui paraitrons au cours de la semaine. le thème était "terreur hivernale". Frissonez bien!

[edit] Honte à moi, j'ai oublié de préciser que les deux autres sur le podium sont Xian Moriarty, dont je mettrai le texte en lien dès que possible, et Sylvain, avec son texte traverser la nuit [/edit]

 

Loups ?

 

            La neige avait cessé de tomber, les nuages étaient peu à peu chassés par le vent, et la nuit serait claire en définitive. C’est du moins ce qu’annonçait la météo à la radio. Alain soupira. Assis confortablement, il regardait la foule des voitures au milieu de laquelle la sienne était coincée. Le bouchon se poursuivait encore sur cinq kilomètre, mais sa sortie était dans cinq cent mètres. Il estimait qu’il en avait encore pour dix minutes avant de rentrer chez lui, embrasser sa femme et ses enfants. Il regarda sa montre, il était 18h30. Il regarda le ciel. Les nuages se dissipaient, laissant voir les étoiles et la lune. Elle était pleine ce soir.

            Quelque chose n’allait pas. Alain baissa le regard et vit que toutes les voitures étaient à l’arrêt. Une voiture éteignit ses feux, puis une autre, et, de manière désordonnée, toutes les voitures éteignirent leurs phares et coupèrent leur moteur, à la grande surprise d’Alain, qui restait seul élément lumineux de cet embouteillage. Même les éclairages et les panneaux lumineux s’étaient éteints. Son téléphone portable sonna. L’appelant était inconnu.

_ Allo ? fit Alain

_ Coupez votre moteur et éteignez vos phares !

_ Attendez, qu’est-ce qui se passe ?

_ Faites le, maintenant !

_ Mais qui êtes vous ?

_ COUPEZ VOTRE MOTEUR MAINTENANT !!! JE N’AI PAS LE TEMPS DE… C’est trop tard, ils vous ont vu…

 

  Le correspondant avait raccroché. Affolé, Alain obtempéra. Le silence régnait. Alain essaya de se calmer, de se raisonner, quand il les entendit. Ca sonnait comme des tambours de métal, et il fallut quelques instants à Alain pour comprendre que c’était des bruits de galopades sur les toits des voitures. Et ces bruits se rapprochaient dangereusement.

 

  Brusquement ils furent sur lui. Le premier atterrit sur le capot de sa voiture si violemment qu’il laissa ses traces dans le métal. Alain fut sans voix devant eux.

  Techniquement, c’étaient des loups, mais ils étaient trop gros. Leur pelage noir et mat faisait comme une tache d’obscurité dans la lumière de la lune. Leurs crocs luisaient et leur regard était à la fois brûlant et froid.

  Alain s’enfonça dans son siège. En tournant la tête, il vit la meute se rassembler autours de son véhicule. Tous les regards convergeaient vers lui. Un des loups avança la tête vers sa portière et d’un coup de gueule, arracha son rétroviseur. Le loup sur son capot lança ses pattes antérieures sur le pare-brise. Le choc fut si violent que le verre se fêla. Le loup lança alors un aboiement qui traduisait sa rage. Tous ses congénères le suivirent, emplissant la nuit de leurs cris.

  Alain, impuissant ne pouvait rien faire. Il était inutile d’essayer de démarrer, ou de sortir. Et son abri lui semblait fragile, trop fragile. Il vit la fêlure de son pare-brise s’élargir sous la pression continue de son assaillant. Ce dernier avait compris que la coquille cédait et ses aboiements s’étaient mués en un grognement de satisfaction et d’impatience. Tous les loups attendaient, grognant de concert, car leur proie serait bientôt à leur merci. Alain voyait la fêlure s’agrandir, s’agrandir encore, sous la pression des pattes du loup. Elle atteindrait bientôt la bordure du pare-brise, et après…

 

  Un hurlement de loup se fit entendre, au loin. Tous les loups assemblés autours de la voiture d’Alain tournèrent la tête en direction du ciel. Un nuage commençait à masquer la lune. Un premier loup partit, lançant un grognement de dépit en direction de la proie avant de s’élancer. L’un après l’autre, ils quittèrent le lieu, déçus. Le dernier à partir fut le loup du capot. Qui lança un dernier aboiement de rage avant de se retourner. Alain mit un petit moment avant de comprendre qu’il était sauf. Il regarda autours de sa voiture et constata qu’il ne restait aucun de ces animaux. Une à une, les voitures redémarrèrent. Encore sous le choc, Alain ne remit pas tout de suite son moteur en marche. Il fallut un coup de klaxon du conducteur derrière lui pour qu’il réagisse. Il redémarra, et la lente course des voitures dans le bouchon recommença. La lune était complètement cachée par le nuage.

 

            En définitive, il fallu quinze minutes supplémentaire à Alain pour rentrer chez lui. Ses deux fils faisaient ensemble leurs devoirs dans le salon. Il les serra dans ses bras comme jamais. Sa femme eut droit aussi à sa part d’effusion. il l’embrassa longuement, conscient de ce qu’il avait failli perdre.

_ Mais que s’est il passé, bon sang ? demanda-t-elle. On dirait que tu ne nous as pas vu depuis des années.

_ Laisse-le maman, dit le fils aîné. C’est peut être à cause de la pleine lune. Tu as vu comme elle est belle ce soir ?

  A travers la fenêtre du salon, la lune, de nouveau découverte, brillait.

 

 Le téléphone sonna. D’abord tétanisé, Alain réagit au bout de la troisième sonnerie et décrocha, fébrile.

_ Allo ?

_ Je vous avais dit qu’il était trop tard. Ils vous ont suivi, ils sont là.

  La ligne fut coupée, ainsi que le courant. Le hurlement d’un loup se fit entendre, proche, trop proche… 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 08:00

En attendant d'avoir du temps, je vous livre une petite histoire de fin d'année

 

Joyeux noël (en retard) et bonne année ( en avance) à tous!

 

De Martin (président ) à Noël (papa)

Cher papa noël

Un peu avant décembre, il y a eu une guerre nucléaire, et tous les gens sont morts. Alors, je suis très triste dans mon bunker. S’il te plait pourrais tu ramener la joie en ce monde en apportant de quoi reconstruire des centrales électriques, des voitures, et puis du bétail, des légumes, des céréales et des fruits pour faires des hamburgers, des pizzas et des sodas ? Et puis il faudrait repeupler tout le monde, alors j’aimerais bien des femmes comme celles qu’on voit dans les magasines que j’aiderais à faire des beaux bébés qui deviendraient une nouvelle population pour notre planète. Et nous serions heureux dans ce monde où avec ton aide je ferais régner le bonheur.

 

De Noël (papa) à Martin (président)

Martin,

Tu as été un très vilain petit garçon. De là où je suis, je t’ai vu appuyer sur le bouton et provoquer la guerre nucléaire. Alors, tous les cadeaux que tu m’as demandé, je ne te les apporterai pas. Les vilains garçons ne méritent pas de jolis cadeaux.

Par contre, tu as raison, il faut repeupler la planète. Alors, j’ai décidé de faire venir des gentils vénusiens, qui s’occuperont d’elle. Ils viendront, construiront des villes, des aéroports pour leurs vaisseaux, déferont toutes les mauvaises choses que vous avez faites, et seront tous heureux. Quant à toi, en tant que dernier humain, tu seras dans un zoo, tout nu dans une cage, et les vénusiens viendront te voir et te traiteront de vilain pas beau

Joyeux Noël, Martin !

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 08:00

Dans le cadre du concours pour le 'zine des autres mondes de l'été sur le thème de la "terre des dragons", voici ma participation:

 

La dernière faute

Il est dit que le monde est issu des rêves des dragons. Mais il est dit aussi que les dragons ont cessé de rêver.

            L’homme marchait sans but. A perte de vue, autours de lui, tout n’était plus que poussière grise et désolation. Il lui avait suffi d’appuyer sur un bouton pour déclencher l’arme finale. Et lorsque l’œuvre de mort s’était terminée, il n’était plus resté que lui, et un monde de poussière. Encore sous le choc, il n’arrivait pas à se rendre compte de la situation. Un soleil rouge peinait à luire à travers la brume de poussière à l’horizon. Il s’arrêta. Il était vêtu d’un élégant costume bleu marine, et d’une cravate grise.

            L’homme se retourna. Il vit le dragon l’observer calmement. C’était une créature majestueuse. Son corps était couvert d’écailles rouges. Ses ailes membraneuses lui donnaient l’envergure d’un avion. Il était couché tel un sphinx sur ses quatre puissantes pattes. Mis à part en des temps préhistoriques, l’homme n’imaginait pas que des créatures aussi gigantesques puissent exister. Une voix surgit dans sa tête.

_ Ainsi, tu as mené ta propre existence à sa perte.

  Le dragon, bouche close, lui parlait.

_ Ce… Ce n’était pas moi, ce n’était pas ma faute, balbutia l’homme

_ Alors toute cette destruction, ce monde de cendre, n’est-ce pas toi qui l’as fait ?

_ Je ne voulais que la paix. J’ai fait ça pour que la guerre s’arrête !

_ Elle s’est arrêté, effectivement. Dit le dragon, ainsi que toutes ces vies.

_ Ce n’est pas ma faute. Je n’ai pas conçu cette arme, je ne savais pas qu’elle ferait ça, ce n’est pas ma faute. CE N’EST PAS MA FAUTE !!!

_ Ma faute… ma faute… renvoya l’écho.

  Le dragon attendit un instant avant de reprendre.

_ Tu es le dernier représentant de ton espèce, alors je m’adresse à toi comme à elle. Pendant des siècles nous avons dormi, nous t’avons laissé ce monde. Il est temps maintenant que nous le reprenions en main. Ton temps est fini.

 

Le dragon se releva. De son souffle puissant, il souffla vers le sol. Un immense nuage de poussière grise se leva, s’éleva. Le nuage devint blanc, s’épaissit, grandit jusqu’à occuper tout le ciel. Alors de ce nuage tomba la pluie. Le dragon eut un dernier regard pour l’homme, puis s’envola. L’homme criait encore, le dragon n’écoutait plus.

 

La pluie stabilisa le sol. Comme par magie, des plantes en émergèrent, grandirent en quelques heures, formèrent des prairies et des forêts. Et de ces forêts sortirent des animaux volants, des animaux marchants et des animaux galopant. Du haut des montagnes, des rivières se mirent à descendre, se peuplant de poissons. Puis on vit de nouveaux individus qui se mirent à bâtir, à se vêtir. Elfes, nains, hobbits, gobelins et orcs. Petit à petit ils se rassemblèrent en groupes, les groupes fondèrent des villages. Certains villages devinrent des hameaux, certains hameaux devinrent des villes. Certaines villes devinrent des capitales, et autour d’elle se formèrent des royaumes.

 

Dans les hautes montagnes, les dragons veillaient, rêvant du monde tel qu’il était et tel qu’il allait devenir. Et certains, dans leurs rêves, voyaient un individu sale, vêtu de haillons, qui marchait en traînant les pieds sur cette nouvelle terre des dragons. Son visage mangé de barbe était hagard. Il répétait des paroles dans une langue que personne ne comprenait désormais, toujours les mêmes :

_ Pas ma faute… Pas ma faute…

Le rêve des dragons avait recommencé

 

[edit] Le concours est terminé, et j'ai terminé deuxième. Je n'en suis pas peu fier! Le grand gagnant étant Mille visage avec son texte la sorcière et le dragon

Les autres participants et leurs place dans le classement:

3ème place : J Heska avec Notre Terre ...
4ème place : Alice avec La source qui se renouvelle sans cesse
5èmes places : Malek avec L'oeuf, Mille visages avec Souffle ardent, Gizeus avec Plongée dans les cieux
8èmes places : Nadège avec Les dieux dragons, Spooky avec La cave des mutilés

[/edit]

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:00

Une prairie, immense, bordée d’arbres. UN monde de beauté et de senteur. Je m’y sens bien. Je suis assis sur l’herbe et je regarde. Parfois je ferme les yeux pour profiter des parfums. Soudain je sens deux mais qui me couvrent les yeux. Je me retourne . C’est Serena qui me regarde. Autant sur pris qu’heureux, je la prend dans a bras, la serre, l’embrasse. C’est Serena, ma Serena.

_ Je te croyais morte, ma chérie, lui dis-je entre deux baisers

_ Je le suis, mon cœur. Dit elle

_ Alors, ça veut dire que je suis mort, moi aussi ?

_ Non, tu es à la frontière entre la vie et la mort. Et à cette frontière, j’ai le droit de te rejoindre.

   Je m’arrête un instant, la regarde. Les questions se bousculent dans ma tête, mais je les chasse. Serena est là, il n’y a rien d’autre qui compte...

 

 

Une petite planète idéalement situé par rapport à son soleil, et sur cette planète, une forêt. Au cœur de cette forêt, se trouve l’épave d’un vaisseau, enchâssée dans un temple de cristal, lumineux, magnifique. C’est dans ce temple, où veille la gardienne Brilla, que se trouve un des grands trésors dont l’humanité aura besoin après la guerre, le plus précieux, l’amour, symbolisé par ce sarcophage translucide où dort un homme. L’esprit de cet homme a su rejoindre celui de son aimée, qui est représentée par ce buste de cristal, posé sur le sarcophage.

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