Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 08:00

            Caine était au milieu d’une plaine blanche, entourée de montagne. Le calme y régnait. S’agenouillant, il creusa la neige ; Des morceaux de bois calcinés apparurent dans la neige au fur et à mesure qu’il creusait, puis ce furent des ossements. Il s’interrompit et sentit la tristesse l’envahir, ainsi que l’impuissance. Il leva les yeux au ciel, et vit les étoiles. L’une d’entre s’élança dans le ciel, telle une étoile filante, laissant dans le ciel une traînée bleue lumineuse, En suivant cette traînée, Caine arriva bientôt à une grotte au pied d’une des montagnes.

            L’intérieur était lumineux et flou. On ne pouvait y distinguer aucune paroi, mais un son, comme une douce mélodie, y flottait en permanence. Caine se sentit mieux, plus en paix. Alors il commença à les distinguer. Des silhouettes lumineuses, flottant gracieusement autours de lui. Tous le reconnaissaient, aucun ne lui en tenait rigueur. Il se vit, nu, glabre, entouré par ces fantômes, qui l’effleuraient, le caressaient, le rassuraient. Doucement, il s’éleva dans l’air, portés par les autres. Il se vit s’élevant, il vit la lumière s’éloigner, devenir indistincte. Il ne cria pas, n’appela pas, il n’avait pas peur. Il se sentait au chaud, au calme, il entendait un murmure de vent régulier. Il lui fallut un petit moment pour se rendre compte qu’il était réveillé.

 

            Lorsque le chariot s’engagea dans la gorge entre deux montagnes, le vent qui n’était qu’un souffle, se fit hurlement. Les chevaux, habitués au chemin, n’en furent que peu affectés. Caine conduisait l’attelage sans parler. L’ours, à ses cotés, dormait. Malgré la faible lumière, le spectacle était impressionnant. Entre ces murs de roc et de glace, il se sentait minuscule. Il s’était senti grand lorsqu’il l’avait franchi, en compagnie de ses camarades, quelques années plus tôt. L’armée occupait toute la largeur du passage, et avançait, animé d’une insatiable soif de combat. Il grogna et cracha au sol à ce souvenir.

  La gorge déboucha sur une plaine, et le hurlement du vent fit place au calme. Le contraste fut violent et Caine eut l’impression de prendre un paquet de neige en plein visage. La plaine était exactement comme celle de son rêve.

            Ils arrivèrent au lieu du rendez vous pour leur livraison de bois, mais il n’y avait rien. Ils étaient au milieu de la plaine, et tout ce qu’ils pouvaient voir en dehors de la plaine, c’était les montagnes à l’horizon. Caine soupira.

_ Et maintenant, l’ours, on fait quoi ?

  L’ours ne dit rien, mais tendit un doigt droit devant lui.

_ Tu es sûr ?

  L’ours acquiesça. Caine remit l’équipage en route. Durant son voyage, il avait appris à ne pas discuter les recommandations de son compagnon. Celui-ci avait su se repérer sur la route de glace sans aucune hésitation.

            Caine se pinça pour être sûr de ne pas rêver. La grotte était celle de son rêve. L’entrée était assez large pour que le chariot puisse entrer. L’ours n’hésita pas non plus et lui montra l’entrée. Ils entrèrent dans un couloir qui se prolongea fort loin sous la montagne, alors que la lumière baissait graduellement.

_ Où sommes nous l’ours ?

Si l’ours fit un signe, Caine n’en vit rien. Lorsque l’obscurité se fit trop présente, il défit son pendentif, qui, au contact de l’air froid, se mit à luire. Il pouvait voir les parois de la grotte, mais elles se prolongeaient trop loin devant lui pour qu’il puisse distinguer une sortie.

_ L’ours, es tu sûr de là où nous allons, demanda-t-il. Je crois qu’on ferait mieux de…

L’ours avait posé sa main sur la poitrine de Caine. A la lueur de son pendentif, il vit le regard calme mais concentré de son compagnon. L’instant d’après il sombrait dans l’inconscience.

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article
30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 08:00

            Je reprends mon récit alors que nous venons d’arriver sur la terre ferme. Je ne sais combien de temps il nous a fallu pour traverser cette mer gelée, car il n’y a plus de jour ni de nuit dans cette partie du monde, mais un continuel et froid crépuscule. J’évalue néanmoins cette partie de notre périple à deux ou trois jours. Les bêtes sont fourbues et ont besoin de repos. L’ours, comme à son habitude, n’a pas dit un mot. Sans doute a-t-il raison. Nous avons passé un lieu au-delà des mots. La parole des hommes ne me manque pas tant que ça. Lorsque j’y repense, aux mots, ceux qui me reviennent en premier sont ceux de ces recruteurs qui nous haranguaient. Ils nous promettaient la gloire et la fortune. Et de ce que j’ai fait sous les mots des chefs, je n’en ai tiré que la honte et une solde de misère que nous dépensions à boire et à essayer d’oublier dans les bras de ces femmes à vendre. Non, je ne regrette pas la parole des hommes. En définitive, l’ours est le meilleur des compagnons de voyage.

 

            Depuis quelques jours, je n’ai plus peur de retourner dans ces contrées, dans ces lieux où j’ai autrefois combattu, pendant des saisons plus clémentes, débarquant après avoir navigué sur une mer alors liquide. Je me souviens des visages de ceux que nous avons massacré, je me souviens de leurs cris, je me souviens de leur courage. Qu’ai-je accompli ce jour là ? Rien. Nous avions voyagé en espérant la fortune, et nous avons massacré des gens inutilement. Eux seuls savaient vivre dans ces lieux inhospitaliers, eux seuls savaient survivre aux rudes saisons, et à ce crépuscule qui m’entoure actuellement. Oh, Dieux ! Combien sont passés sous ma lame. Ma barbe pousse depuis mon départ, et je suis méconnaissable par rapport à celui que j’étais avant de partir. Oui, je me sens autre, plus calme, plus détaché.

 

Ma décision est prise. Une fois le bois livré à ces tribus, j’ai décidé de ne pas me cacher, je leur dirai qui je suis et ce que j’ai fait. Je ne crains pas leur jugement. Quoi qu’ils me fassent, je l’ai mérité.

 

Je m’appelle Caine, j’étais un soldat, je suis devenu, l’espace d’un voyage, convoyeur de bois vers les contrées du nord, et je serai bientôt jugé par les habitants desdites contrées.

 

            Caine enroula son journal, remit son pendentif à son cou. Au contact de sa peau, la lumière du pendentif s’éteignit. Il se coucha. Le sommeil arriva bientôt, ainsi que les rêves

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article
28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 08:00
Abandonnant pour un temps les aventures de Spot et de son ami Sto, je vous invite à un voyage dans les froides contrées du nord, à la sauvce space freak. Bon voyage, et n'oubliez pas votre écharpe

            Une lumière uniforme teintait les lieux en permanence, uniforme et faible, nappant tout d’un bleu de glace à la limite de la nuit. Dans cette lumière se dressaient des montagnes, entièrement recouvertes de neige et faisant rempart au vent glacé et permanent. Devant ces dernières, une étendue uniforme de neige s’étendait jusqu’à l’horizon. C’est au pied de ces montagnes qu’arrivait un curieux équipage. Un attelage de chevaux tous chaudement couverts tirait une énorme caravane. Trois essieux  terminés par des roues larges suffisaient à peine à en soutenir la masse. Mais dans ce décor froid et venteux, il avait l’air minuscule.

 

            Sautant de la caravane en marche, un homme chaudement vêtu courut quelques pas, une pelle à la main. Rapidement, il creusa dans la neige. Lorsqu’il vit la terre sous sa pelle, il eut un sourire de satisfaction. Il rejoignit la caravane, arrêta les chevaux avant de se ruer à l’avant de la caravane. Il agit avec hâte mais sans précipitation. Attrapant, une série de couvertures, il bouscula une masse informe de couverture qui se révéla être un homme

_ Hé, l’ours ! Cria-t-il. On est arrivé à la terre ferme ! On bivouaque ici ! Commence à monter la tente !

  L’homme en question sortit pesamment des draps, révélant une face rougeaude, barbue et hirsute. Il attrapa un chaud manteau, s’en revêtit et sauta du chariot. Le premier homme s’affairait à couvrir les chevaux arrêtés avec les grandes couvertures qu’il venait de sortir, pour que ces derniers ne meurent pas de froid, maintenant qu’ils étaient forcés à l’immobilité.

  Les deux hommes agirent avec rapidité et minutie, habitués qu’ils étaient à survivre dans ces contrées froides. L’ours, puisqu’on le nommait ainsi, détacha du coté du chariot plusieurs tiges de bois, larges et longues comme des lances, et entreprit de les planter dans le sol. Le premier homme, qui avait fini de recouvrir les chevaux vint l’aider à fixer sur ces lances une grande toile qui protégea du vent un morceau de terrain. Ceci fait, l’ours alla chercher dans le chariot plusieurs couvertures larges, en tissu grossier, qu’il étala derrière le paravent de tissus. L’homme amena les chevaux à l’abri du vent et les fit se coucher derrière le paravent, sur les couvertures, tandis que l’ours sortait du chariot des bottes de foin qu’il amena devant les bêtes. L’homme à son tour, sortit des rondins de bois du chariot, ainsi que de la pailles et un briquet. Et face aux animaux fourbus qui mangeaient, il dégagea la neige, creusa, et entreprit de faire un feu dans l’endroit ainsi dégagé. Le feu ne tarda pas à prendre, et l’ours alla chercher un grand abreuvoir qu’il plaça devant les chevaux, et dans lequel il pelleta de la neige avec vigueur, neige qui ne tarda pas à fondre à proximité du feu. Les chevaux furent ainsi rapidement rassasiés et désaltérés. Ils ne tardèrent pas à s’endormir, abrités du vent et réchauffés par les flammes. Pendant ce temps, le premier homme et l’ours faisaient réchauffer des écuelles remplies d’une nourriture grasse. Ils mangèrent sans parler en regardant le foyer. Puis l’homme posa son écuelle et sa cuiller, se leva et se dirigea vers le chariot. C’était son tour de dormir.

_ Je compte sur toi, l’ours, dit il en se dirigeant vers le chariot

 L’ours le regarda et fit un bref hochement de tête.

  L’homme grimpa dans le chariot, ferma des rideaux à l’avant du chariot qui l’isolèrent de l’extérieur. A tâtons dans l’obscurité, il retrouva la couche de son compagnon, s’enroula avec les couvertures en constatant avec plaisir qu’elles étaient  encore un peu tièdes. Ainsi, il aurait rapidement s’endormir, mais il lui restait encore quelque chose à faire. Plongeant la main à l’intérieur de son manteau, il tira un rouleau de papier enroulé autours d’une tige de graphite. Il ôta aussi une pierre qu’il portait en pendentif, et la pendit à un crochet dans la toile au dessus de sa tête. La pierre se mit à luire calmement. Ainsi éclairé et confortablement installé, il se mit à écrire. Il s’appelait Caine

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article
19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 08:00
Alors, voilà un petit texte de fantasy, qui, je l'espère, inspirera les crayons de miss Sucre...

[edit] Depuis,elle a effectivement été inspirée, et de belle manière, regardez ça [/edit]


            Le soleil se couchait sur le champ de bataille. La journée s’était soldée par un carnage. Les cadavres des deux camps jonchaient le sol. Personne n’avait survécu… presque personne. Réfugié dans une caverne au flanc d’une des montagnes qui bordaient la plaine où s’était déroulé la bataille du jour, le guerrier essayait de se reposer, en vue de la marche qui l’attendait le lendemain. Un morceau d’étoffe bandait son œil droit et avec le manche brisé d’une lance, il s’était confectionné une attelle de fortune pour maintenir sa jambe meurtrie. Il aurait du mal à marcher le lendemain, mais il était sans doute celui qui avait eu le plus de chance lors de cette bataille. Mâchonnant sans conviction un morceau de viande séchée, il essayait de comprendre ce qui s’était passé. Ils avaient chargé, à cent contre un, ils ne pouvaient pas perdre… mais ils avaient perdus, ou plutôt, tout le monde avait perdu. Le vent s’était levé. Au début, les combattant y étaient indifférent, puis il a forci, pour se muer en un typhon meurtrier. Le guerrier lui-même avait été emporté dans les airs, hurlant de rage et de peur. Mais son vol s’était terminé rapidement. Ayant heurté le flanc de la montagne, il avait réussi, à se réfugier dans une grotte, y laissant un œil et avec une jambe blessée. Le vent s’était calmé, laissant les corps sans vie des combattants des deux camps. Face au feu de fortune qu’il avait pu construire, le guerrier se coucha le plus confortablement qu’il put. Il resta, songeant, à fixer les flammes. Dans sa position, ses blessures ne lui faisaient plus mal…

 

            Il se leva, flottant au milieu d’un décor surréaliste. Il était au sommet d’une montagne, elle-même noyée dans un nuage. Evoluant sans bruit au milieu des volutes de vapeur, il arriva devant une scène insolite. Un homme, visiblement très âgé, tant sa barbe et sa chevelure grise étaient longues, était assis sur un rocher, faisant face à un énorme dragon, lui-même couché. Entre les deux, le guerrier vit un genre de plateau. Les deux protagonistes bougeaient de curieuses figurines sur ce qui représentait, le guerrier l’avait reconnu, les pays qui s’affrontaient. Le vieil homme prit une petite figurine placée sur la représentation de la plaine où s’était passé l’affrontement tragique. Le dragon parla, d’une voix grave.

«  Que compte tu faire de ce guerrier éclopé, mon ami ?

_ Ton attaque des éléments a décimé mes troupes plus que les tiennes, répondit le vieil homme d’une voix posée. J’avoue que ce coup était bien joué. Mais l’usage que tu en as fait me donne droit à un coup du même type.

_ Ah ? Alors qu’en sera-t-il ? Un raz de marée, un tremblement de terre ? Un volcan ?dit le dragon en ricanant.

_ Ce guerrier suffira. Je n’ai pas besoin de spectaculaire pour semer le trouble. L’homme déplaça la figurine et la posa sur une zone de la carte représentant un château…

 

            Le guerrier se réveilla aussitôt. Il n’était plus dans la grotte. Il était allongé sur un tapis, dans une chambre luxueuse. La lumière matinale était filtrée par un rideau d’étoffes luxueuses. Aux murs, se trouvaient des armoiries représentant un dragon. A coté de lui se trouvait un lit de bois précieux. Le guerrier se leva, toujours handicapé par la douleur de sa jambe. Il resta interdit devant le spectacle qui s’offrait devant lui. La personne endormie dans ce lit, il ne la connaissait pas, mais il en avait vu bien des portraits, des portraits qu’on lui avait appris à haïr, et que l’armée qu’il avait affrontée la veille avait appris à adorer. L’homme se réveilla brusquement, paru surpris et lança : « Qui êtes vous ? Que faites … À LA GARDE !! » Le guerrier frappa, par réflexe. Son épée fracassa le crâne du souverain. Il se retourna. Des gens frappaient à la porte de la chambre. Le guerrier se rendit compte qu’il n’avait aucune chance. Il n’y avait que la mort qui l’attendait. Il était blessé face à des gardes entraînés et trop nombreux. Il vit alors la fenêtre. Les gardes entrèrent au moment où il sautait. En dessous de lui se trouvaient les douves En voyant l’eau s’approcher, le guerrier se rappela ses blessures, il se rappela aussi qu’il ne savait pas nager, mais il se dit surtout qu’il ne mourrait pas si facilement. Il avait trop de choses à dire…

… Et il trouverait bien quelqu’un qui le croirait.

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article
10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 08:00
Pour vous faire patienter en attendant la suite d'effacement, un petit texte fantastique de mon cru

Né d’hier mort de demain

  Si je dois mourir ce soir, je veux au moins savoir pourquoi. Mais tout ce que j’ai devant moi, ce n’est rien d’autre qu’une stupide pierre. Pourquoi bon sang ? Pourquoi ? Et comment tout cela a-t-il commencé, déjà ?

            Je crois me rappeler que j’étais dans mon lit. La journée avait été ni bonne ni mauvaise, une journée de travail ordinaire. J’avais aidé mon fils à faire ses devoirs, ma femme avait préparé le dîner. Le poisson était un peu trop cuit à mon goût, mais je ne lui en ai pas fait la remarque, je n’avais pas envie de me disputer ce soir. Nous nous sommes couchés l’un après l’autre, sans nous dire bonsoir…

 

… Et je me suis réveillé, au milieu de la nuit. J’avais soif, je crois. Je me suis levé, j’ai titubé jusqu’à la salle de bain, j’ai ouvert le robinet d’eau froide, en laissant couler l’eau un moment pour qu’elle soit plus fraîche, et après avoir bu… C’est là que j’ai commencé à avoir l’impression de quelque chose qui ne tournait pas rond. Je me suis dirigé vers ma chambre, et c’est en me recouchant que je me suis rendu compte que ma femme n’était pas là.

Je me suis relevé, ai d’abord été voir si elle était aux toilettes, mais la porte était ouverte, et personne n’était assis sur le trône. J’ai ensuite été voir dans le salon. Personne, là non plus. J’ai eu alors l’idée qu’elle était peut être allé dans la chambre des enfants, peut être que l’un d’entre eux avait fait un cauchemar. Mais en arrivant dans la chambre, j’ai vite déchanté. Les enfants aussi n’étaient plus là. Je crois avoir commencé à paniquer à ce moment là. Je me suis rué sur le téléphone, j’ai composé le numéro de la police, mais il n’y avait pas de tonalité.

  A ce moment là, je me suis dit : « mais c’est quoi ce mauvais polar dans lequel on me fait jouer ? » J’avais envie de dire que ce n’étais pas à moi que ce genre de chose est censé arriver. J’ai eu une soudaine impulsion. J’ai saisi mon manteau, j’ai enfilé mes chaussures, sans même mettre de chaussettes, et je le suis rué hors de mon appartement.

  C’est curieux comme on s’habitue à la poisse. Lorsque l’ascenseur a refusé de fonctionner, je ne m’en suis même pas étonné. Il n’y avait que cinq étages à descendre, et puis il n’y avait personne à qui me plaindre. De l’immeuble entier émanait un silence sinistre. Je suis sorti, j’ai eu une soudaine envie d’entendre des gens parler, même gueuler, je voulais entendre des voitures rouler, mais il n’y avait rien. Les lampadaires éclairaient une rue vide. Et au milieu de cette rue…

 

            J’aurais bien voulu croire à une blague de mauvais goût, mais là, je n’avais vraiment pas envie de rire. Au milieu de la rue, se trouvait une pierre tombale, avec mon nom et la date d’aujourd’hui. J’aurais bien aimé  pouvoir me rebiffer et crier, ou bien éclater d’un rire sonore, mais je n’ai pu que rester hébété et même trembler devant ce morceau de pierre. Et soudain, venant de derrière, un genre de courant d’air glacé.

  Dans les films, à ce moment là, on voit le héro se retourner lentement, et on admire bien sa mine déconfite lorsqu’il voit l’apparition d’horreur. Moi, j’ai préféré me retourner d’un coup. Et bien, pour ce qui est d’une apparition d’horreur, j’ai été servi. Ca avait une grande cape noire qui masquait presque tout et le reste de l’anatomie était cachée par cette espèce de fumée blanche et glacée qui émanait de la chose. Je ne savais comment l’appeler. La mort, la grande faucheuse, le destin. Bref, c’était là devant moi, et ça avait une manière plus que claire de dire que c’était mon tour.

 

Vous savez, quand on s’imagine face à la mort, on se dit qu’on aimerait être courageux, exemplaire, mais quand on est vraiment face à elle, et bien, toutes ces belles résolutions, on les oublie. Je me suis mis à genoux, et je l’ai supplié (ou suppliée, comment voulez vous savoir quand on ne voit qu’une cape et de la fumée ?). Je lui ai dit que ce n’était pas le moment. Je n’avais même pas embrassé ma femme, ou mes enfants ce soir. J’avais encore tellement de choses à vivre, je….

            Une volute de fumée venant de la manche de la chose a pris la forme d’une main et s’est posée sur mon épaule. J’ai alors compris qu’il était inutile d’essayer. Sous la pression de cette main fantomatique, je me suis levé, je me suis retourné pour voir la rue, le trottoir, et même les jardins peuplés de ces pierres tombales. Et soudain, comme si je m’envolais, j’ai vu la chambre de mon appartement à travers la fenêtre, et je me suis vu, en train de dormir, à coté de ma femme. Dans un clignement de paupière, je me suis soudain retrouvé devant ma pierre tombale à nouveau. Il n’y avait qu’une date, celle du jour qui venait de mourir. Alors j’ai compris. Je m’appelle Antoine, et nous étions le 16 juin. Je suis né ce 16 juin, et je suis mort ce même 16 juin. Le Antoine du 17 juin est en train de dormir, inconscient du fait qu’il vient de naître et qu’il mourra ce même jour, tout comme les autres, tous les autres, dont je vois les pierres tombales autours de moi.

 

Bon, voilà, je crois qu’il est temps d’y aller. La chose me met sa main fumeuse dans le dos et me pousse gentiment et fermement vers un ailleurs noir. J’aurais aimé avoir une dernière chance, mais bon, il est trop tard… Si seulement je pouvais dire au monde… Ce n’est pas du flan quand on vous conseille de vivre chaque jour de votre vie comme si c’était le dernier, parce que c’est le cas …

 

 

 

 

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article
7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 08:00

En attendant la suite d'"effacement", je vous propose un petit texte dont la trame m'a été fournie par l'ami 1000 visages


           
L’homme tombait. Roulé en boule, il se forçait à fermer les yeux, comptant les secondes avec un calme forcé tandis que l’air sonnait dans ses oreilles comme un vent violent. Son doigt prêt à appuyer sur le bouton qui se trouvait au niveau de son sein gauche, sur sa combinaison. Ni trop tôt, ni trop tard…

            Maintenant !

  Le doigt appuie sur le bouton. Immédiatement, le réacteur incorporé dans la combinaison se met en marche, crachant ses dernières flammes. Le jet de flamme contrant la force de la chute, juste à temps et juste assez pour que le choc de la chute ne soit pas trop violent. L’homme en boule percute le sable blanc. Le silence s’installe pendant une minute, et le poing de l’homme émerge du sol. Péniblement, il s’extirpe du sable, se relève, aspire l’air, ouvre les yeux et regarde autours de lui. Rien d’autre que le sable, le ciel bleu et le soleil. Manque de chance, l’ordinateur fixé sur son avant-bras est mort, brisé par le choc. L’homme ne se plaint pas. Après tout, il n’a aucun os brisé. Avant que ses yeux ne se relèvent, il sait qu’il n’est pas seul. Une créature est elle aussi sortie du sable. Un lézard bipède de la taille d’un homme, à la mâchoire proéminente aux pattes avant recourbées garnies de deux grandes griffes. L’homme est calme et concentré, il laisse parler ses réflexes. L’animal bondit sur lui, mais l’homme a anticipé le geste. La créature referme ses crocs sur du vide et le bras de l’homme est enroulé autours de son cou. D’un geste vif, l’homme en finit. La nuque de la bête craque et l’homme n’a plus qu’à laisser tomber le corps inerte de l’animal. Il est aux aguets maintenant, ces monstres ne se déplacent pas seuls. Rapidement, il bouge les yeux, cherchant le mouvement dans le sable, épiant le moindre bruit.  Et soudain il repère l’anomalie. Il lui tourne le dos et cours. Une meute de lézards surgit du sable et se met à sa poursuite. Les forces en présence vont à la même vitesse à peu près. L’homme ne se retourne pas, il ne doit pas perdre de temps. Il court sans trop savoir la direction, et soudain, comme surgissant de l’horizon, les ruines d’une ville apparaissent. Redoublant d’effort, l’homme fonce.

            Il entre dans la ville. Un sol dur de dalles blanches résonne sous ses pieds. Il s’arrête d’un coup, se baisse. La créature derrière lui se prend à son croc-en jambe et tombe. Avant de réaliser ce qui lui arrive, un violent coup de pied la retourne sur le dos et des mains se saisissent des deux parties de sa mâchoire. Ecartant les bras avec force et rapidité, l’homme disloque dans un craquement sonore la mâchoire de son poursuivant. L'animal s'écroule inanimé. L'homme reste debout et immobile un moment, contrôlant sa respiration, attentif au moindre bruit.

            Et il entend. Les monstres entourent les ruines et courent vers lui. Suivant son instinct, il fonce s'abriter dans une ruelle. Des murs beiges et lissent bordent l'endroit. Il court, entendant les pas des monstres derrière lui. La ruelle tourne et débouche sur une impasse. L'homme étouffe un juron. Se mettant dos au mur, il évalue rapidement la situation. Pas moyen de faire demi-tour, les murs sont trop hauts pour sauter et trop lisses pour escalader. Les monstres approchent. Ils débouchent du coin de la rue, foncent, sautent, gueule ouverte sur l'homme, qui se plaque contre le mur.

            Un clic, une sensation de tourner, L'homme est projeté en avant. Il se trouve dans une pièce non éclairée. Se relevant, il se tâte, il constate qu'il est indemne. Il se retourne, tire un petit stylet de son ordinateur brachial, et commence à balayer l'endroit du fin pinceau de lumière qui en sort. La porte pivotante qui lui fait face lui révèle le mécanisme qui lui a sauvé la vie. Continuant à fouiller, il se rend compte que la pièce est en fait un couloir.

 

            La pièce semble infinie. Une simple allée pavée de métal entourée de chaque coté par d'innombrables rangées de caissons métalliques à la façade de verre. Dans chacun de ces caissons, se trouve un être humain en sommeil. Toute la lumière en ce lieu vient de ces caissons, de l'intérieur, une lumière verte qui souligne le contour de leurs occupants, et des écrans moniteurs sur le coté, qui surveillent les signes vitaux. Au milieu de l'allée, un caisson vide maintenu par une pince métallique géante surgie du plafond avoisine une étrange table. L'homme observe la pièce. Peu à peu, les souvenirs relatifs à cette pièce lui reviennent en mémoire. Lentement, il se rapproche de la table. Toute la fatigue des épreuves qui viennent de se passer lui est tombée sur les épaules. Il regarde le caisson avec un mélange d'amertume et d'envie. Il aspire au sommeil et à l'évanouissement. Lentement, il détache son ordinateur brachial et le pose sur la table. Un scanner analyse rapidement l'ordinateur. Un écran sur le coté de la table affiche le résultat.

DONNEES RECUPEREES: 45%

INSUFFISANT POUR CONTINUATION DE LA MISSION

RECHARGEMENT ET NOUVEL ESSAI

 

La porte du caisson s'ouvre. L'homme ôte ses vêtements et y pénètre, Il se glisse dans les moulures qui le maintiennent sans effort de sa part. La porte se referme. Une aiguille pénètre dans son bras et L'homme s'endort. La pince se déplace et met le caisson parmi tous les autres, avant d'en choisir un autre, qui se retrouve à son tour au milieu de l'allée, orientée dans l'autre sens. Le caisson s'ouvre et une femme en sort. Devant elle, un uniforme blanc, propre, dans lequel est inclus un système de réacteurs. Elle l'enfile avant de passer à son bras un ordinateur brachial neuf et de prendre un fusil à plasma. Elle avance ensuite au bout de l'allée. Une porte de métal coulisse en silence. Devant elle, le ciel bleu, le désert blanc. Elle part sans se retourner. La porte se referme, laissant la salle silencieuse à ses occupants.

Repost 0
Published by Space Freak (idée: 1000 visages) - dans histoires courtes
commenter cet article
22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 22:48
Et bien voilà! Miss SAD, avec la gentillesse et le talent qui la caractérisent, m'a illustré ma nouvelle "la nuit au bureau" et à nouveau, c'est magnifique, et même plus. Elle réussit à donner une nouvelle dimension à cette petite nouvelle. Encore merci Miss SAD (allez voir chez elle, si vous ne la connaissez pas)








Repost 0
Published by Space Freak & miss SAD - dans histoires courtes
commenter cet article
19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 21:51
Pour faire plaisir à miss SAD, qui ma demandé une nouvelle histoire d'horreur. je me suis essayé dans un genre un peu plus... explicite.

La nuit au bureau

 

            Ray se passa la main sur le visage tandis que la machine ronronnait devant lui. Lorsque celle-ci eut terminé, il saisit le gobelet en plastique et porta à ses lèvres le liquide noir, chaud et sucré qu’il contenait. Ca avait le goût du café, et il n’en demandait pas plus. Il soupira d’aise et de lassitude avant de regagner son bureau. Il s’assit sur sa chaise, se frotta les yeux et regarda l’écran devant lui. Il en avait encore pour une heure à taper ce rapport, mais au moins il l’aurait fini pour demain. Ses mains se remirent à taper sur le clavier, parfois rapidement, parfois de manière hésitante. De temps en temps, il s’accordait une petite pause pour soupirer, s’étirer ou avaler une gorgée de café, souvent les trois à la suite.

  Un tremblement dans son pantalon le sortit d’une torpeur naissante. Il plongea tant bien que mal la main dans sa poche pour en extirper le téléphone portable

_ Allo ! dit il.

_ Salut, voisin ! Je te vois !

  Ray se retourna, toujours assis et vit une fenêtre allumée de l’autre coté de la cour intérieure, deux étages plus haut.

_ Bonsoir, Patrick ! Alors toi aussi tu as un rapport à taper ?

_ Presque ! Un bilan. J’en ai encore pour une demi-heure, tu voudras qu’on aille se finir dans un bar après ?

  Ray regarda sa montre.

_ Il faudra en trouver ouvert à cette heure.

_ Ne t’en fais pas pour ça. Comment t’a pu entrer au fait ?

_ Je suis resté après le départ de tout le monde. C’est fou comme ils partent vite dans cette boite. Comme si le diable arrivait juste après.

_ Ouais, j’ai fait pareil… Hé, c’est quoi ça ?

  Patrick désignait la cour intérieure. A première vue, elle avait l’air calme, plongée dans l’obscurité… En regardant attentivement, il vit l’animal. A première vue, la chose avait l’air d’une sorte de gigantesque tigre écorché, aux muscles saillants, presque aussi grand que l’étage. La faible lumière qui l’éclairait donnait à sa peau une couleur violette.

_ T’as… T’as vu ça ? dit Patrick.

  La bête leva la tête vers le bureau de ce dernier. La tête, vaguement féline, était constituée principalement d’une mâchoire puissante aux crocs démesurément longs. Ses yeux étaient perpétuellement exorbités. Elle ouvrit la bouche et un hurlement évoquant celui d’un loup en sortit.

_ Je crois que ça t’a vu, dit Ray

_ Bon sang, mais c’est quoi ce truc ?

_ On s’en fout, je crois qu’on a plutôt intérêt à sortir.

_ Ouais, d’accord. Je descends.

  Patrick se saisit de son blouson qui pendait sur le dossier de son fauteuil, l’enfila rapidement et se dirigea vers la sortie de son bureau

_ ATTENDS PATRICK ! Cria Ray

_ Quoi ?

_ Ne sors pas de ton bureau par cette porte. Je crois que j’en ai vu un autre de l’autre coté !

  Patrick prit la porte de l’autre coté de son bureau. Ray le vit longer le couloir bordé par la baie vitrée, et arriver vers les ascenseurs. Il le vit appuyer nerveusement sur le bouton.

_ Il est derrière moi ?

_ Non, il a l’air d’être parti. Comment tu vas faire avec celui qui est en bas ?

_ Je monte sur le toit, je vais sortir par l’échelle de secours. Tu ferais bien d’en faire autant.

_ Oui, Patrick… C’est bizarre, celui du bas, il n’est plus là. Ils ont l’air d’être partis.

_ Peut être, mais je sors quand même

_ J’arrive…

_ Oh, mon dieu…

_ Quoi ?

  Et Ray comprit la voix blanche de son ami. Le monstre savait prendre l’ascenseur. Patrick n’eut pas le temps de se retourner. Un coup de patte le projeta contre la vitre. Les griffes avaient lacéré sa gorge. Patrick glissa lentement le long de la vitre, laissant une traînée de sang. L’animal prit son temps, posa sa patte sur le corps allongé de l’infortuné avant de commencer à se repaître.

Ray avait gardé le téléphone contre son oreille. Il entendait les bruits de mastication mêlés aux râles et aux gargouillis de son ami qui n’en finissait pas de mourir. Dans un dernier réflexe, Patrick mit sa main ensanglantée contre la fenêtre. Un déclic se fit dans la tête de Ray. Il fallait qu’il sorte. Il se retourna, prêt à partir, et il le vit. L’autre monstre était en face de lui et feulait. De face, il pouvait voir ses pattes énormes d’où sortaient d’énormes griffes. Il lâcha son téléphone d’où il entendait encore, affaiblis par la distance, les râles de douleur de son ami.

  C’est un rêve, se dit Ray, ça ne peut être qu’un rêve. Nous sommes en pleine nuit, je vais me réveiller… Et la bête bondit sur lui.

            Le coup de patte le projeta contre le mur où il se brisa le nez. Il retomba par terre, encore trop sous le choc pour se rendre compte de la douleur. Il se senti saisi par le bras et projeté contre le mur d’en face. Il ouvrit la bouche pour cracher un flot de sang. Respirant avec peine, il leva sa main devant ses yeux, ou du moins, il essaya. Quand il vit que son avant-bras était resté dans la gueule du monstre et qu’il essayait vainement de se protéger avec un moignon d’où le sang giclait, il sut qu’il ne rêvait pas. Quand la bête lui sauta dessus à nouveau et arracha sa tête, il ne sut plus rien du tout…

 

            Deux nouveaux employés qui n’avaient pas tenu compte des avertissements relatifs à la surveillance nocturne des bureaux.

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article
2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 19:33
Et bien, voilà. Suite à un quizz auquel 'ai brillament répondu, je suis à présent le "master of horror" du forum des autres mondes. Alors, je me suis dit qu'il fallait mériter ce surnom, aussi je me suis attelé à un récit d'horreur, que j'espère réussi, à vous de juger

Visages

 

            Souviens toi, Sonia, souviens toi. Nous étions jeunes, nous étions amis, et nous aimions tant jouer. Rappelle toi ce lieu connu de nous seuls, rappelle toi nos jeux, et nos histoires...

           

            Sonia se réveilla. Elle se tourna et se retourna quelques temps, fermant les yeux, essayant de s’imaginer ailleurs, puis elle essaya de persuader son corps que le sommeil l’engourdissait. Mais c’était peine perdue. Elle sentait son cerveau comme une voiture qui vient de se mettre en route. Elle tendit le bras en dehors des couvertures, et la lumière en même temps que la fraîcheur de la chambre acheva de la réveiller.

 

La première chose qu’elle vit fut ce visage mort. Elle avait affiché cette photographie qui lui avait été envoyée par un ami travaillant dans une morgue. D’aspect il n’avait rien de particulièrement morbide, les médecins avaient fait un travail remarquable et le jeune homme avait l’air de dormir, et pourtant, même sans savoir d’où venait la photo, personne ne s’y trompait, on savait qu’il était mort. Sonia cherchait à retrouver le détail qui donnait cette certitude. Elle se leva.

En passant dans la cuisine, elle attrapa au passage le courrier qu’elle avait pris en rentrant, puis elle ouvrit son frigo. Elle se prépara un lait chaud au miel dans une tasse blanche et se dirigea, seulement vêtue de sa robe de chambre, vers son atelier.

La plupart des gens, quand ils ne peuvent pas dormir, se posent devant leur télévision  en regardant des programmes ineptes et attendent que la fatigue daigne revenir. Sonia, elle préfère s’asseoir dans un fauteuil dans son atelier, au milieu de ses peintures, à dialoguer silencieusement avec son inspiration. Curieusement, ce soir, elle ne se sentait pas en verve. Tous ses tableaux lui semblaient vides de sens, fade, comme s’il n’y avait en fait rien sur la toile. De lassitude, elle éplucha son courrier. Il n’y avait rien de très amusant. Un relevé bancaire, une publicité, et une lettre. Elle regarda le nom de l’expéditeur au dos de l’enveloppe. Karl Xavier, ce nom lui disait quelque chose. Un frisson la parcouru. Elle se ressaisit, ce n’était qu’un coup de froid. Elle ouvrit d’enveloppe d’un coup, déchirant le papier. La lettre manuscrite n’était pas longue :

« Souviens toi, Sonia, souviens toi. Nous étions jeunes, nous étions amis, et nous aimions tant jouer. Rappelle toi ce lieu connu de nous seuls, rappelle toi nos jeux, et nos histoires. Rappelle toi ces jours, ces après midi, et ces nuits. Nous passions notre temps à nous raconter ces histoires de monstres, et à regarder les ténèbres. Que de créatures avons-nous cru voir bouger dans les ténèbres ! Tu ne les vois pas, Sonia ? Ils sont là, ils sont tous là, nous sommes tous là, et nous sommes venus te chercher… »

Tout revenait à Sonia. Karl, comment avait elle pu l’oublier ? Son ami d’enfance, celui qui caressait l’envie de devenir écrivain. C’était lui qui faisait e plus peur, avec ses histoires. Et pourtant, elle essayait de rivaliser, mettant des vampires dans ses histoires, des loups-garous ou des fantômes. Mais rien n’y faisait, c’était toujours Karl qui l’effrayait, alors que lui semblait immunisé contre la terreur de la nuit. Ses histoires pourtant commençaient toujours doucement, calmement, avec un bon père de famille roulant dans son break en compagnie de sa femme et de ses enfants avec, en toile de fond, un soleil déclinant et rassurant, ou encore avec une jeune mariée qui attendait son mari en préparant son plat préféré... Et doucement, presque naturellement, les sentiments terribles s’immisçaient, puis les personnages suspects, et quand on commençait à trembler, quand on commençait à voir, alors il était déjà trop tard…

Sonia se réveilla brusquement. S’était elle endormie ? Elle se leva du fauteuil, inquiète. Quelque chose n’allait pas. Devant elle, un tableau peint par elle. Il représentait une paisible famille assise au coin du feu, le père et les enfants se parlant et riant, et la mère, apportant un plateau sur lequel étaient disposées des tasses remplies de chocolat chaud. Si on regarde bien le coin du tableau, on peut voir la porte de la cuisine entrebâillée, et un flacon sur lequel on peut voir une tête de mort, puis, si on regarde le visage de la mère, en apparence souriant, on n’a plus de doute sur le contenu des tasses. Sonia était habituellement très fière de ce tableau, mais ce soir, il lui donnait des frissons. A coté, un autre tableau représentant une jeune femme en train de cuisiner. Un tableau respirant le bonheur, car, sur la table de la cuisine, une photo montre la femme lors de son mariage. Et pourtant, une ombre se dessine dans un coin du tableau, et on comprend que la porte de la maison n’est pas fermée, et qu’un intrus…

Sonia se rendit compte qu’elle n’avait pas fermé la porte de sa maison. Fébrilement, elle se rua vers l’entrée et vérifia la porte. Elle était verrouillée. Ç’aurait du la rassurer, mais pourtant, tel n’était pas le cas. Mettant les mains autours de ses yeux, elle essaya de distinguer quelque chose à travers la fenêtre de l’entrée. Mais il n’y avait rien que la pénombre. Avait elle vu quelque chose bouger ? Elle recula et respira profondément. Et soudain elle comprit ce qui la gênait depuis un moment. La lumière de sa maison déclinait. Toutes les lampes ne donnaient qu’une lumière tamisée qui faiblissait. Elle eut beau allumer tout ce qui lui tombait sous la main, les ténèbres gagnaient du terrain. En dernier recours, elle prit la lampe de poche dans le tiroir de son bureau. Sentant la panique la gagner, elle monta dans sa chambre. Elle s’était rendue compte qu’elle n’avait en fait jamais oublié Karl, et que ses tableaux étaient là pour le lui rappeler en permanence.

Elle arriva dans sa chambre, et eut l’idée de téléphoner. Mais là où aurait du se trouver le téléphone, il n’y avait plus rien. C’est alors que les lumières s’éteignirent tout à fait. Sonia alluma la lampe de poche qui, heureusement, fonctionnait. Elle tourna et retourna la lampe dans sa chambre. Il n’y avait personne. Elle s’arrêta soudain sur la photo du jeune homme mort. Sa tête ne semblait plus endormie, mais elle était tournée sur le coté, les yeux ouverts, avec un petit sourire aux lèvres, plus mort que jamais. Sonia sut à cet instant à qui appartenait ce visage. Il appartenait à cet ami d’enfance qui lui avait envoyé cette lettre, il n’y avait aucun doute alors que se superposaient dans sa tête le souvenir d’enfance et le visage de la photo. Elle recula jusqu’à être acculée au mur. Elle se retourna soudainement, et ce qu’elle vit l’acheva. Sa lampe éclairait un miroir et Sonia voyait clairement son visage. Elle ne pouvait toujours pas définir ce qui montrait si clairement que l’homme de la photo était mort, mais elle le voyait à nouveau, sur son propre visage.

Elle lâcha sa lampe, qui s’éteignit en touchant le sol…

 

 

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article
23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 22:54
Suite à mon dyptique fantasy/SF, le sieur Sylvain m'avait dit être en désaccord avec Pratchett, arguant que le texte de fantasy "état de grâce" que j'avais écrit et qui avait été illustré par miss SAD [edit] Miss SAD qui a eu de nouveau la gentillesse d'illustrer mon texte avec le talent qui la caractérise, voyez et admirez (ce que vous pouvez aussi faire sur son site) [/edit] ne pouvait être transposé en SF. A celà, j'ai répondu "chiche!" Aussi, pour répondre au défi, je vous présente la version SF du texte "état de grâce" intitulé...

Space ghosts

 


            Teller posa ses coudes sur le tableau de commandes, et prit sa tête dans ses mains. Devant lui s’étendait l’immensité de l’espace. Mais il n’était pas d’humeur à soliloquer sur la beauté des étoiles. Il était plutôt d’humeur râleuse.

_ Qui peut me dire ce qui a foiré ?

_ Je n’en sais rien, dit Scax.

_ Et toi, Léon, tu n’as pas d’idée ?

  Le troisième larron, allongé comme il pouvait sur le dernier siège de la salle de commande, se tourna vers les deux autres.

_ Faut pas être bien malin pour se rendre compte qu’ils nous attendaient. Normalement, ce genre de convoi voyage en hypersommeil, et nous avions les codes pour les aborder sans déclencher l’alarme. On aurait pu donc se remplir les poches sans risque de les réveiller… mais voilà. Ils ne dormaient pas, ils savaient où nous étions, et ils nous ont balancée une bonne giclée de rayons à ion, ce qui a mis le moteur kaputt. Mais ça pourrait être pire, le recycleur d’air fonctionne toujours.

_ Tant mieux, dit Teller. Nous mourrons de faim au lieu de mourir asphyxiés.

_ C’est Bob, dit Scax.

_ Pardon ?

_ Le type qui nous a mis sur le coup. Il les a prévenus.

_ C’est idiot ! Pourquoi il nous aurait fait ça ?

_ Je ne sais pas, mais il a fait ça. Je le sais, c’est tout.

            C’est ce qui caractérise Scax. Ce type sait bien se débrouiller avec les ordinateurs, mais ce qui est le plus étrange avec lui, c’est lorsqu’il parle avec ce curieux accent. D’abord il fiche un peu la trouille, et puis surtout ce qu’il dit est toujours vrai.

_ Puisque tu as des visions, Scax, tu pourrais pas nous dire comment on va se sortir de là ?

_ Pardon, Teller, mais c’est passé.

            Teller se leva. Il se dirigea vers la porte qui s’ouvrit docilement mais un peu lentement. Dans la cabine, seule marchait la lumière de secours éclairait, baignant le lieu dans une pénombre orangée. Il s’assit sur sa couchette, se retourna et se coucha sur le dos, une main sur le front, tâchant de réfléchir. Pourvu qu’ils ne dérivent pas vers la zone G, se disait il.

            Un silence de tombeau régnait dans le vaisseau, de quoi faire peur aux occupants, si ceux-ci n’étaient pas occupés à dormir. Teller avait fini par s’assoupir sur sa couchette. Scax dormait la tête sur ses bras croisés le tableau de commande. Léon ronflait, affalé sur le fauteuil de la salle de commande. Chacun était plongé dans ses rêves.

  Scax rêvait de logique, d’ordinateurs, de programmes, de codes à percer, et au milieu de tout ça, il y avait un personnage récurrent et insolite, le magicien, un vieil homme avec ses cartes, ses oiseaux, et ses coffres, et qui parvenait toujours à faire dire ces étranges vérités à Scax.

  Léon rêvait encore et toujours de Soïda, la planète sur laquelle il était né. Il s’en rappelait comme d’un paradis, un paradis détruit. Soïda avait été la première, et heureusement la seule, planète détruite par la puissance de feu d’une armée lors de la grande guerre. L’image de cette planète en train de se disloquer était gravée dans sa mémoire.

  Teller, quant à lui, rêvait de combats. Ancien soldat, il avait participé à de nombreux combats, de nombreuses campagnes, de nombreux massacres. Il aurait pu tenir s’il n’avait pas connu la zone G. Il avait déserté depuis et ne souhaitait pas revivre ça. Il fut réveillé en sursaut. Léon le secouait.

_ Qu’est-ce qui se passe ? dit Teller

_... Nous ne sommes pas seuls.


            Trois énormes flottes de combat s’étaient rencontrées dans une zone de l’espace. Chacune étant en guerre contre les deux autres, le combat était inévitable. Il a duré plusieurs semaines. On raconte que les soldats étaient devenus fous à force de combattre, et qu’ils combattaient encore après être mort. Toujours est il que personne n’a survécu, et que les vaisseaux évitent au possible la zone où ce combat a eu lieu. Elle est connue sous le nom de Zone G.


            Pour un vaisseau en perdition, se faire récupérer par un grand vaisseau de transport, c’est une aubaine. Pour nos trois bandits, se faire récupérer par le Murena, vaisseau amiral de la troupe d’Eric, c’était pire que de ne pas se faire récupérer du tout. Ils étaient d’accord sur ce point, alors qu’ils étaient tous les trois attachés à une chaise différente, en train de faire face à l’état major du brigand et de sa bande.

  Eric s’avança vers Teller et se planta devant lui. Il était grand, imposant, et avait un regard presque impossible à soutenir au milieu d’une tête chauve et d’un visage glabre.

_ Où est le pognon ? demanda-t-il

_ A cette heure, il doit être arrivé à sa destination, répondit Teller.

_ … En temps normal, je t’aurais déjà arraché deux dents, mais vu l’état de ton vaisseau, je pense que tu ne te fiche pas de ma gueule. Vous vous êtes fait avoir par un vaisseau d’endormis ?

_ Ils étaient réveillés. Ils nous attendaient.

_ Tu peux me redire ça ?

_ Arrête moi si je dis une bêtise. Ce ne serait pas Bob qui t’aurait mis sur ce coup ? Je crois comprendre maintenant.

  Eric resta un instant sombre, et soudain il rejeta sa tête en arrière et rit fort et d’une manière peu encourageante.

_ Alors ce salopard de Bob vous a piégé avant de me faire le dindon de la farce à mon tour. C’est tant pis pour moi, alors, et tant pis pour vous aussi.

_ Alors, c’est bon, on peut repartir ? demanda Scax

  Eric rit de nouveau. Scax se sentait très bête. Une alarme se fit entendre. Eric ne parut pas très impressionné.

_ Bien, messieurs, je crois qu’il va falloir que je vous quitte. Nous allons entrer en zone G, et mon équipage et moi allons nous mettre en hypersommeil le temps de traverser.

_ Attend ! dit Léon. Tu ne vas pas nous laisser ici, comme ça !

_ ai au moins la pitié de nous tuer ! dit Teller

_ Je n’ai pas envie de gâcher des munitions, dit Eric alors que la porte de la salle coulissait derrière lui.



  Ils étaient de nouveau seuls, dans une pièce noire, attachés, et en passe de devenir fous. Teller se tortillait sur sa chaise sans arriver à bouger.

_ Calme toi, dit Léon. On doit avant tout rester calme.

_ Calme ? CALME ??? Bon sang, tu ne sais pas ce qui s’est passé ici ?

_ Oui, une bataille, on m’a dit. Mais ce n’est pas ce qui…

_ Ils ont employé des armes spéciales, des prototypes qui n’ont plus été employés depuis. Ils ont joué avec l’espace, le temps. Ce n’est pas des bobards, quand on dit que les soldats ont encore combattus après être morts. Ils ont transformé cette partie de l’espace en une… gadoue d’espace-temps. On ne peut pas s’en tirer sain d’esprit quand on passe par là.

_ J’entends quelque chose, dit Scax

_ Moi aussi, dit Léon, ça n’a pas l’air joyeux.

  Teller ne bougeait plus.

_... L’écho des milliers de morts sur ce champ de bataille. Ca commence comme ça, et après… Personne n’est resté assez cohérent pour le raconter.

  Une lumière éblouissante venue d’au dessus d’eux les aveugla momentanément. En relevant les yeux, ils virent trois silhouettes indistinctes dans la lumière blanche

_ Ca commence, dit Teller, résigné…


_... Soldat Teller, relevez la tête, ce n’est pas le moment de vous laisser aller.

_... ? Lieutenant ? Lieutenant Corso ? Que faites vous ici ?

_ C’est plutôt à toi qu’on devrait poser cette question. Moi je suis à ma place. Relève-toi et regarde moi.

_ C’est vous qui allez…

_ T’exécuter ? Quelle idiotie de ta part de croire ça. Je t’ai sauvé la vie, tu ne te rappelles pas la bataille sur la lune de Yavin ? Tu me dois une vie, n’est-ce pas ?

_ Oui, mon lieutenant.

_ Alors cette vie que tu vas sauver pour moi, c’est la tienne ! Et je vais t’ y aider…

  L’homme qui faisait face à Teller était à moitié transparent, avait un visage carré, et une coupe militaire aussi réglementaire que son uniforme. Il regardait Teller fixement, mais pas durement. Il se tut après ces dernières paroles. Une seconde silhouette s’avança. Il s’agissait d’une femme âgée, au regard doux et aux cheveux blancs. Léon écarquilla les yeux

_ Grand-mère ? Tu…

_ Léon, mon petit. Que tu as grandi ! Comme j’aurais aimé être là pour te voir. Je n’aurais pas du rester sur Soïda

_ Grand-mère… Mais, que… ?

_ Je suis venu t’aider moi aussi.

  La troisième silhouette s’avança à son tour. La personne était vêtue d’une cape qu’elle découvrit d’un geste théâtral. Ce fut au tour de Scax d’avoir l’air ébahi

_ Monsieur le magicien ? Mais… Vous n’êtes que dans ma tête…

_ Qui sait où nous nous trouvons ici, mon ami ? Il est temps pour vous de vous libérer, tel Houdini.

Le magicien étendit ses mains, et les liens qui attachaient les trois hommes à leur siège respectif disparurent. Ils se levèrent, hébétés, avancèrent chacun vers son fantôme.

_ Les gars… Ca y est ?.... On est cinglés ? demanda Léon.  



            Eric se dirigea vers la salle où étaient retenus ses trois prisonniers. Il s’attendait à voir trois hommes en état de prostration ou hurlant des propos incohérents. Plusieurs fois il avait sacrifié des prisonniers ainsi. Ca amusait un temps l’équipage. Mais il allait falloir s’en débarrasser. Il ouvrit la porte. Les trois hommes étaient là, mais ils étaient debout, et leurs yeux étaient des plus étranges, ils étaient blancs et lumineux, et tous tournés vers lui. Il vit leur air étrangement calme tout en tirant son arme et fit feu. Il ne vit pas Teller bouger, mais il vit qu’il s’était mis sur la trajectoire de la balle et qu’il avait arrêté le tir de sa main tendue. Il n’eut pas le temps de tirer à nouveau. Teller fut sur lui et frappa. Il n’y eut qu’un coup. Eric fut projeté contre la cloison de la salle dans laquelle il s’enfonça sous la force du coup. Il garda une seconde un air ahuri avant que sa tête s’affaisse. Teller, scax et Léon sortirent de la salle.

_ Messieurs, dit scax, que le spectacle commence !!



 L’alarme se fit entendre à travers tout le vaisseau. L’équipage courut s’armer. Un bataillon de brigand se trouva face à Teller, qui fonça dans le tas. En vain ils tirèrent, les balles ricochaient sur le corps de leur ennemi. Il frappait dans le tas, assommant, tuant, sans perdre son air neutre. Ils furent bientôt tous au sol. Au milieu d’eux, Teller, en position de combat, regardait son œuvre, en respirant calmement.

            Scax se trouvait au milieu d’un hangar à vaisseau. Il fut soudain entouré de brigands armés qui le tenaient en joue. Il leva les bras, arborant un étrange sourire. Et de ses mains jaillirent des éclairs de lumière aveuglants. Les assaillants furent entourés de lumière, alors ils tirèrent. Le résultat ne se fit pas attendre. Quasiment tous furent tués par la balle d’un de leur camarade. La salle fut bientôt jonchée de cadavre. Quant à Scax, il avait disparu.


            Léon se trouva dans une situation similaire. Tout aussi calme que ses compagnons, il entendit les brigands crier

_ Attention ! Ils ont des pouvoirs. Ils sont forts comme une armée et ils font des éclairs…

_ Rassurez vous, dit Léon, je n’ai pas de tel pouvoir. Moi je n’ai que des souvenirs…

  A peine eut il dit ces mots que tous ceux qui l’entouraient se retrouvèrent sur Soïda alors que la destruction commençait. Ils virent le sol s’ouvrir sous leurs pieds, ils sentirent la planète entière se disloquer, et furent envahis par la folie et le désespoir.

Léon regarda les brigands se tordre sur le sol avant de rester prostrés, silencieux et tremblants.

            Tout l’équipage fut bientôt maîtrisé, Ceux qui restaient se terraient dans des salles secrètes au fin fond du vaisseau. Les trois compagnons n’en avaient cure. Ils retrouvèrent le hangar où leur vaisseau avait été entreposé. Il était encore dans un sale état, mais il ne fallut que quelques mouvements de main de Scax pour que tout soit réparé. Quelques autres mouvements de sa part, et une partie des vivres contenus dans le Murena se retrouva dans la réserve du leur. Il en fut de même pour le carburant. Il était temps de partir.




            Teller, Scax et Léon restèrent silencieux pendant qu’ils s’éloignaient du Murena. Leurs yeux étaient redevenus normaux.

_ Et maintenant ? demanda Léon au bout d’un moment

_ Je ne sais pas, dit Teller. C’est comme si on avait rêvé tout ça… Je n’entends plus les fantômes. Vous croyez que c’est fini ?

_ Non, dit Scax. Ils nous ont aidés, et maintenant, c’est à notre tour

  Ils restèrent à nouveau silencieux. Teller hocha la tête et dit

_ Alors dit nous où se trouve notre prochaine destination…

Repost 0
Published by Space Freak - dans histoires courtes
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Space Freak
  • Le blog de Space Freak
  • : Je crois que je sais écrire de la science fiction
  • Contact

Recherche