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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 08:00
Et voici donc le texte en version fantasy. Je n'en dirai pas plus, je vous laisse juge du résultat:

La solitude du seigneur

 

            L’homme regardait le paysage qui s’étendait devant lui. Il était sur un balcon donnant dans la plus haute tour du château et ce qu’il voyait ne le réconfortait plus. Lente avait été son ascension vers le pouvoir, et maintenant qu’il y était arrivé, il n’en comprenait plus le but. Il se retourna et rentra dans la tour. La pièce qu’il vit était propre, les murs étaient tapissés simplement et avec goût. Il entendit des pas dans l’escalier.

  Une jeune servante apparut dans l’embrasure de la porte. Devant le seigneur, elle s’inclina et parla d’une voix un peu intimidée.

_ Seigneur Scyx, le grand mage m’a envoyée pour vous signaler qu’il vous attendait. Souhaitez vous que je vous escorte ?

  Le seigneur congédia la jeune femme d’un geste de la main. Celle-ci partie, il poussa un long soupir. Il se sentait vieux et usé par le pouvoir. Il descendit.

  Arrivé en bas de la tour, il prit un long couloir qu’il traversa jusqu’à une lourde porte de bois sur laquelle étaient sculptés deux dragons. Il entra sans frapper. Derrière la porte l’attendait un homme grand vêtu d’un ample vêtement bleu nuit, portant chapeau et barbe, et qui semblait l’attendre. Scyx était soulagé. Il le connaissait et il savait que l’homme ne parlait qu’en termes directs et clairs.

_ Bienvenue, majesté, dit le mage. Tout a été préparé selon votre désir. Suivez moi.

  De la chambre du mage partait un couloir obscur et froid. Le mage tenait une torche et précédait Scyx. Ils arrivèrent dans une chambre. Le mage fixa la torche au mur et invita le seigneur à entrer. Au centre de cette chambre, sur une table en pierre, était couchée une jeune femme, vêtue d’une grande robe verte. Scyx la regarda et eut un sourire mélancolique. Du dos de la main, il effleura la joue de sa bien-aimée. Elle était si belle. Elle n’avait changé en rien depuis ce jour, contrairement à lui.

_ Comment va-t-elle ? demanda-t-il.

_ La malédiction dont elle a été victime prendra fin ce soir. De nouveau elle sera éveillée, et le temps coulera pour elle

_ C’est bien, c’est très bien. Elle ne doit pas me voir, vous comprenez ? Depuis que je l’ai perdue, je n’ai eu de cesse d’obéir à mon ambition, d’amasser argent et pouvoir, au détriment de mes anciens idéaux, la justice, la paix, l’égalité… L’homme qu’elle aimait est mort…

Le mage restait imperturbable en entendant ces paroles.

_ Mon ami, continua Scyx. Vous, vous n’avez pas eu cette soif de pouvoir, et votre évolution fut plus paisible. Je peux lire cette paix dans vos yeux.

_ Disons, mon seigneur, que mes ambitions étaient d’un autre ordre…

_ Sortons d’ici.

            Les deux hommes marchaient dans la cours du château, aménagée en terrain d’entraînement aux armes. Un jeune homme, au milieu de ce terrain, s’entraînait au maniement de l’épée. Son visage était avenant et son habileté indéniable. Le seigneur et le mage s’arrêtèrent. Le jeune homme ne les remarqua pas.

_ Je me retrouve dans ce jeune homme, mon ami. Il y a chez lui la fougue et l’idéalisme que j’avais dans le temps. C’est pour cela que je l’ai pris sous ma protection.

_ Vous souhaitez donc tout lui laisser ? Le commandement du pays, le château… La femme ?

_ Tout, dit Scyx. Il en fera meilleur usage que moi. Elle m’aimait, et je sais qu’elle l’aimera.

_ Comme vous l’avez demandé, vos mémoires lui ont été léguées. Dois-je lui en parler ?

_ Montrez les lui, mais sans insister. Ce qu’il en fera ne me concerne déjà plus. Restez à ses cotés cependant. Il aura besoin d’un conseiller avisé tel que vous.

  Scyx posa la main sur l’épaule du mage

_ Que ne vous ai-je pas eu comme ami plus tôt, dit il.

            L’après midi touchait à sa fin. Un soleil de cuivre touchait l’horizon. Scyx monta dans son carrosse doré. Il s’assit, ferma la portière et regarda le paysage.

_ Nous partons quand vous voulez, monsieur. Dit le conducteur

_... Emmenez moi loin d’ici ! dit Scyx.

 Emmenez moi loin d’eux, pensa-t-il. Ne me laissez pas gâcher leur vie.

 

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 08:00
Terry Pratchett a dit que la fantasy était comme la SF les boulons en moins. J'ai voulu tester ce principe en faisant deux fois le même texte, en version SF et version fantasy. Nous commençons par la version SF

La mélancolie du maitre

 

            L’homme regardait cette ville se déployer sous ses yeux. L’ascenseur situé sur une des façades de l’imposant immeuble lissait voir l’immensité de la ville qui se dévoilait au fur et à mesure que l’on montait. Ce spectacle ne lui apportait aucun réconfort. Une musique douce lui signala qu’il était arrivé. Il sortit de la cabine à pas lents. Autours de lui se trouvait une pièce propre et lumineuse, aux murs marbrés de blanc et de bleu ciel. Devant lui, une femme lui adressait un grand sourire en lui tendant la main. Il la serra par politesse.

_ C’est un plaisir de vous voir ici Monsieur Smith. Le docteur ne va pas tarder à arriver. Désirez vous un rafraîchissement ?

  Smith fit non de la tête et congédia la femme d’un geste de la main. Celle ci partie, il poussa un long soupir. Il se sentait vieux, trop vieux. Croisant les bras, il resta debout à attendre le docteur. Il n’eut pas longtemps à attendre, la porte située devant lui coulissa et fit place au meilleur androïde médecin existant actuellement. Smith fut soulagé de voir enfin quelqu’un qui ne parlait pas inutilement.

_ Bonjour monsieur Smith, dit le docteur. Veuillez me suivre, s’il vous plait.

_ Tout est prêt ? demanda Smith

_ Tout est prêt, comme vous l’avez demandé.

  Ils arrivèrent dans une salle froide dans laquelle ils pénétrèrent par un sas. Au centre de cette dernière se trouvait une sorte de sarcophage de verre. Smith essuya la buée sur le verre d’un geste de la main. Le visage qu’il vit à travers le verre le fit sourire, d’un sourire mélancolique. Sa femme dormait d’un sommeil de glace, plus belle que jamais.

_ Elle va bien ?

_ Son état est stable, et elle nous avons réussi à la guérir complètement de sa maladie. Selon vos ordres, elle sera réveillée ce soir à 20h.

_ Bien, dit Smith. Allons voir l’autre moitié du travail.

_ Par ici, je vous prie.

Ils pénétrèrent dans une nouvelle chambre froide, au milieu de laquelle se trouvait un autre sarcophage. Un jeune homme ressemblant étrangement à Smith dormait dans ce dernier.

_ Votre clone parfait, monsieur, comme demandé. Nous lui avons implanté votre mémoire, jusqu’à l’âge de 24 ans, comme convenu.

  Smith posa ses mains sur le verre du sarcophage. Il parla. Plus pour lui-même que pour l’androïde :

_ C’est cet homme là qu’elle aimait. C’est avec cet homme là qu’elle devra vivre désormais. Après ce que j’ai fait pour devenir un homme puissant, un homme riche et respecté, elle me détesterait maintenant…

_ Comme vous l’avez demandé, un exemplaire de votre journal intime a été copié et placé dans les affaires de votre clone. Dois-je lui donner des consignes particulières en ce qui le concerne ?

_ Non, docteur. L’histoire de ce jeune homme n’est plus la mienne. Je vous remercie docteur. Je vais partir.

 

            L’après midi touchait à sa fin. Un soleil de cuivre touchait l’horizon. Smith monta les marches de son jet privé. Il s’assit, attacha sa ceinture et regarda par le hublot.

_ Nous partons quand vous voulez, monsieur. Dit le pilote

_... Emmenez moi loin d’ici ! dit Smith.

  Emmenez moi loin d’eux, pensa-t-il.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 12:55
Il paraitrait que j'en écris pas mal, alors j'en ai fait un nouveau: [edit] Le texte en question a été depuis brillament illustré par miss SAD chez qui vous pouvez aussi retrouver ce texte, ainsi que moult autre jolies choses[\edit]

Etat de grâce.

 

            Tellon regarda sa main. Il pouvait enfin bouger tous ses doigts. Respirant un grand coup, il fit un effort surhumain au terme duquel il put enfin se relever. Il se sentait encore faible, mais ses forces revenaient progressivement. Tournant son regard à droite et à gauche, il vit ses deux compagnons faire de visibles efforts pour se relever à leur tour. Estimant qu’ils avaient suffisamment récupérés, il leur lança :

_ Bon, alors, qui peut me dire ce qui n’a pas marché ?

  Scax passa sa main sur sa nuque et se tourna vers lui.

_ C’était un sort d’engourdissement, et il a été précisément dirigé vers nous. Ils savaient exactement où nous étions.

_ Et toi, Leo, tu n’aurais pas pu leur balancer une flèche ? Tu m’écoutes Leo ?

_ Un instant, j’émerge.

_ Bon, de toute façon, ils auraient été trop loin. Je ne pense pas que ça aurait fait la moindre différence. Ce que j’aimerais savoir, c’est comment ils savaient…

_ Beob.

_ Pardon, Leo, tu dis ?

_ C’est Beob, l’elfe qui nous a mis sur cette affaire ; J’ai eu le temps de l’apercevoir sur le chariot du convoi. Pas étonnant qu’ils aient su où nous étions, après ça.

_ Beob ? Mais qu’est-ce qu’il faisait là ?

_ Il jouait double jeu, le fourbe, voilà ce qu’il faisait.

_ Dans un sens, il nous a aidé.

_ Ah bon ? J’aimerais bien que tu m’expliques, Scax.

_ Vu la force du sort qui nous a été lancé, l’escorte de ce trésor n’était pas faite de menu fretin. Nous aurions été hachés.

_ Ah, ben merci Beob, dans ce cas, de nous avoir juste fait passer pour des imbéciles. Bon, ramassons nos affaires, on rentre.

  Tellon ramassa son épée et la rengaina dans son fourreau. Scax ramassa et épousseta légèrement son baton, et Leo fit de même avec son arc. Le guerrier, le sorcier et le demi-elfe se mirent en marche silencieusement  travers le bois.

_ Ca nous aurait quand même remis à flot, cette idole, non ?

_ On raconte qu’elle est maudite.

_ On ne l’aurait pas gardée, de toute façon.

_ Arrêtez de pleurer sur un trésor perdu, il y en a d’autres à trouver. D’ailleurs on arrive à notre planque…

_ Silence !

_... Qu’est-ce qu’il y a Leo ?

_... Nous ne sommes pas seuls…



 

            La colline qui se dresse au milieu de ce bois est connue comme la colline du dernier combat. La légende dit qu’il y a longtemps, trois guerriers luttèrent vaillamment contre une armée d’Orques et ce pendant un jour et une nuit. Acculés au sommet de cette colline, ils employèrent leurs dernières forces à lutter contre l’ennemi, gardant l’ultime espoir de voir le soleil se lever. Et aux premières lumières de l’aube, tous furent blessés mortellement. Leur sacrifice ne fut cependant pas vain. Le temps pendant lequel les guerriers luttèrent fut utilisé par les citoyens du royaume voisin pour se rassembler et marcher sur l’armée Orque affaiblie par leur combat. En souvenir de ce combat, un temple fut érigé au sommet de la colline. Faute d’entretien, il est désormais en ruine, mais la légende de ce lieu reste vivace…

 

            Les trois compagnons s’arrêtèrent un instant derrière un arbre. Haletants, ils regardèrent alentour.

_ On doit avoir une minute d’avance sur eux, pas plus, dit Tellon. Scax, tu peux lancer un sort de discrétion sur nous ?

_ Ca ne servirait à rien. Ces types nous cherchent. Il faudrait un sort d’invisibilité, mais ça je ne sais pas le faire.

_ Alors on est fichu. Là-bas, c’est un gouffre, et de ce coté ci, une falaise. Le seul chemin est bloqué par cette bande. Et ils nous veulent.

_ Non, ils veulent l’idole. Après tout, on a qu’à dire qu’on ne l’a pas, et…

_ Scax, t’es peut être un sorcier pas mauvais, mais tu reste le plus grand candide que j’ai jamais vu. Ils ne vont pas nous croire en voyant juste notre bonne bouille. Ils tuent d’abord, et fouillent ensuite. Dépêchons, ils vont nous rattraper.

 

_C’est beob, dit Leo en courant. Ils nous a mis sur l‘affaire, et ensuite il a du mettre la bande au courant de ce coup, et il leur a dit de nous attendre pour avoir l’idole. Maintenant, ils sont après nous et ces convoyeurs d’idole cheminent tranquillement…

_ Tais-toi et cours. On s’en fiche du pourquoi. C’est la bande d’Eric, et ce ne sont pas des tendres.

  Leo s’arrêta soudain, et dans un geste fluide,  tira une flèche de son carquois, banda son arc et tira. Il abattit un homme qui tomba d’un arbre, quelques pas devant lui.

_ A couvert ! Cria Tellon.

  Ils eurent juste le temps de se cacher avant qu’une pluie de flèche s’abatte sur eux.

_ Bon, et bien par là aussi c’est bouché. Il nous reste cette colline là-bas.



 

  Les trois compagnons étaient épuisés, ils arrivèrent au sommet de la colline alors que la nuit devenait noire. Ils s’effondrèrent sur le sol d’un temple en ruine, haletant, serrant leurs armes dans leur main.

_ On ne les entend pas, dit Tellon

_ Ils ne se pressent pas, dit Scax, ils savent qu’on est encerclé. Ils sont autours de cette colline.

_ Eric a rameuté toute sa bande, dit Leo. Il a même un ou deux trolls, des orques, et quelques autres surprises.

_ Sans compter les sorciers. Je les ai sentis.

_ Donc on est fichus.

  Tellon planta son épée dans le sol et s’appuya dessus pour se relever. Il regarda et commença à rire

_ Qu’est-ce qu’il y a ?

_ On est sur la colline du dernier combat. Vous ne trouvez pas que c’est un peu ironique ?

_ Il ne nous reste plus qu’à mourir, mon vieux. Tâchons de faire ça avec honneur.

 

 Les trois compagnons avaient repris leur souffle. Tenant chacun son arme, ils attendaient, prêts.



Soudain quelque chose voilà l’éclat des étoiles. Une fine pluie se mit à tomber. Curieusement, elle ne semblait pas froide aux guerriers et au sorcier. Tous les trois virent les ennemis autours d’eux, en tout plus d’une centaine. Jamais ils ne s’étaient sentis aussi calmes. Tellon leva son arme, se mit en garde. Scax se concentra et commença à psalmodier une incantation. Leo arma son arc et visa. A ce moment, seul le bruit de la pluie couvrait le silence. Un fourré bougea soudain. Leo tira et arma dans un même mouvement. Tellon bougea son épée et trois autres épées furent bloquées par ce seul mouvement. Se dégageant, il fit tournoyer sa lame et ses adversaires tombèrent à terre. Scax, quant à lui, fit surgir trois rayons  lumineux qui prirent la forme de dragons, et plongèrent dans les fourrés environnants. Et les ennemis attaquèrent en masse. Ils furent d’abord déconcertés par l’aisance au combat de leurs trois adversaires. Leur attaque désorganisée poussa trop rapidement certains en première ligne tout en empêchant ceux derrière de s’approcher. Tellon taillait en pièce ceux qui étaient trop proches de lui. Jouant de la lame et du pied, il frappait, se couvrait, assomait un ennemi et l’envoyait de faire embrocher sur la lame d’un autre brigand. Leo tirait flèche sur flèche, parfois deux en même temps, et aucune ne manquait son but. Les ennemis tombaient, et quand ils furent trop près, il dégaina ses dagues et frappa, taillant à son tour dans la masse de ses ennemis. Scax avait l’œil partout, protégeant ses amis des attaques magiques des sorciers d’Eric par des boucliers de lumières, il semait la panique et la mort avec ses dragons de lumière. Des cris se firent entendre vers les lignes arrière des brigands. Les trolls se frayaient un passage à coup de masse. Ils voulaient attaquer. Tellon et Leo se jetèrent un regard complice. Un troll n’est pas une mince affaire à tuer, mais deux, c’est encore pire. Dos à dos, l’home et le demi-elfe attendirent qu’un troll fasse face à chacun d’eux. Comme ils l’espéraient, les trolls frappèrent en même temps, et atteignirent chacun l’autre. Entraînés par leur violence et leur bêtise, ils continuèrent à se battre pendant que Tellon et Leo se remettaient à décimer les troupes des brigands.

 


Le combat dura toute la nuit. Les trois compagnons luttaient sans relâche et les ennemis tombaient, ou s’enfuyaient. Au petit matin, ne restait plus qu’un seul ennemi. Eric, Un querrier haut comme un colosse, à la musculature puissante et à la hache double affutée. Il bondit vers Tellon, qui l’évita de justesse. Eric attaqua encore et encore. Tellon se défendait à peine, visiblement épuisé. Il tomba. Eric eut un sourire satisfait, leva sa hache et l’abattit sur son ennemi. Ou du moins, il tenta. Son regard s’était figé sur sa hache qui s’était plantée dans le sol. Baissant les yeux, il vit Tellon, dont l’épée était enfoncée jusqu’à la garde dans sa poitrine. Il voulut articuler quelque chose, mais n’y parvint point, et il tomba. Tellon sortit l’épée de son ennemi, et se prépara à faire face à de nouveaux adversaires… qui ne vinrent point. Ils avaient gagné. Alors, se rendant compte qu’ils avaient réussis l’impossible, les trois compagnons s’écroulèrent d’épuisement. Sur le sol du temple de la colline du dernier combat.

 



Le lieu était baigné d’une lumière douce, apaisante et irréelle. C’était le début d’une plaine verdoyant aux parfums agréables et parcourue de créatures incroyables. Tellon, Scax et Leo étaient assis dans l’herbe.

_ Je crois qu’on est mort, dit Tellon

_ Ah, oui, mais après quel combat ! Bon sang, je ne me savais pas capable d’une telle magie.

_ Ni moi d’une telle précision

_ Et moi donc, seul en train de parer trois adversaires. Il faut bien qu’on se fasse à cette idée, les gars, nous étions possédés.

_ Possédés, mais par qui ?

_ Sur la colline du dernier combat ? Pour moi, il s’agissait des trois guerriers.

_ Ils s’appelaient comment au fait ?

_ Quelle importance ?

_ Eh ! Attendez, je vois quelque chose à l’horizon. On dirait trois silhouettes.

_ Tu les distingues ?

_ Assez mal, on dirait qu’ils nous font signe de partir. Nous ne sommes pas encore attendus ici.

_ Qu’est-ce que ….

 

  Tellon ne finit pas sa phrase. Il se réveilla. De retour sur la colline, il se releva et sentit son corps endolori, mais encore solide. Scax et Leo étaient aussi en train de se réveiller. Il regarda l’épée à sa main. Ce n’était pas la sienne, mais une épée bien plus belle et plus solide. Scax avait un bâton bien différent de celui habituellement dans ses mains, et il en était de même pour les armes de Leo… Oh, oui, des choses s’étaient passés cette nuit, et des choses avaient changés pour ces trois minables voleurs, plus si minables d’ailleurs, et peut être plus voleurs après ça…

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 08:00

Ca fait un petit moment que je n'ai rien écrit, alors, histoire de me détendre les neurones, je vous livre une petite histoire sans prétention, pour écrire un peu



            Dors mon ange, dors. Papa veille sur toi. Papa te racontera encore les histoires de princesses et de chevaliers.

  La petite fille dort sagement. Son père aimerait passer la nuit à la regarder, mais il sait qu’il doit aussi aller se coucher. Il entre dans sa chambre. Sa femme est déjà endormie. Sans faire de bruit, il se dévêt et se glisse dans les draps. Se retournant, il embrasse le front de cette dernière avant de s’allonger confortablement et de fermer les yeux.

            Et c’est la lumière qui se fait devant lui. Le lit est devenu une paillasse bien moins confortable dans laquelle il est le seul à dormir. S’asseyant, il fait jouer ses épaules, jette un œil aux cicatrices de ses bras et de son torse. Se levant complètement, il enfile ses épaulières, attache son fourreau à son dos avant de saisir son épée lourde pour la ranger dedans.  Sortant enfin de la chambre sommaire où il avait dormi, il vit des soldats courir au poste de défense, les gens s’armaient, les machines étaient apprêtées, l’alarme était donnée ; Il sourit. Il n’y aurait pas à attendre beaucoup pour l’action. Il se dirigea vers la cuisine où il attrapa une demi miche de pain et un morceau de fromage, puis il courut aux remparts en engloutissant ce sommaire repas. En haut se trouvaient déjà une batterie d’archers prêts à tirer, ainsi que le magicien, qui examinait une carte. De la région.

_ Salut, alors, qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ?

_ C’est la princesse noire, elle a fait appel à un dragon aujourd’hui. Et nous avons toute une armée de ses adorateurs qui se dirigent vers nous.

_ Des adorateurs de dragons. Rien d’autre que des squelettes enflammés, tu veux que je m’en charge ?

  Le magicien soupira

_ On n’a pas forcément besoin de tête brûlée, il y en a un plein chargement qui s’amène.

_ La faiblesse des squelettes, c’est la tête, tout le monde sait ça. Il n’y aura pas besoin de toute l’armée, nous deux, nous suffiront.

_ Et le dragon ?

_ J’en fais mon affaire

 « ALERTE !! » Le cri retentit. Le guerrier regarda la plaine devant les remparts, elle semblait en feu. Plusieurs centaines de squelettes enflammés, armés d’épées avançaient courant comme des fous furieux. Il sourit, sauta sur un des créneaux, dégaina son épée et se jeta du haut des remparts. Se rapprochant du sol, il sentit sa chute ralentir et se posa doucement sur le sol. Se retournant, il vit en haut des murs le mage, la main encore dirigée vers lui. Il le remercia d’un geste de la main avant de foncer vers ses adversaires. En haut des remparts, le mage pestait contre ce baroudeur à l’audace impressionnante et à l’intelligence si faible.

 

Le guerrier arriva sur ses adversaires en tournant sur lui-même Son épée tournoya, brisant une première ligne de crânes. Faisant tournoyer son épée, il en mit à bas plusieurs autres. Frappant sans relâche, il ne laissait pas ses adversaires s’approcher d’assez prêt pour pouvoir le frapper. Les os tombaient, les crânes se fracassaient, le guerrier souriait. Mais de plus en plus de squelettes arrivaient. De plus en plus à périr, mais la fatigue gagnait le guerrier, la fatigue mais pas le découragement. Et soudains tous les squelettes autours du guerrier s’éteignirent avant de s’écrouler. Le guerrier sentit le froid. Il se retourna pour voir le mage lancer de grandes boules de lumière bleues qui percutaient les troupes ennemies pour les éteindre par le pouvoir de la glace. Accrochés à son dos, se trouvaient deux larges boucliers ronds. Il les détacha pour en lancer un au guerrier « Attrape ça, espèce d’ahuri ! »

Le guerrier n’eut pas à trop réfléchir pour comprendre. Une pluie de flèches vint frapper les adorateurs.

  Une fois les flèches tombées, le guerrier leva son épée. Le mage comprit immédiatement et concentra un rayon de glace dans sa main. Avant de le lancer sur l’épée. Le guerrier planta alors sa lame dans le sot et un cercle bleu lumineux apparut autours de l’épée et s’élargit, refroidissant instantanément les squelettes. Le guerrier retira son épée du sol et contempla d’un air satisfait les cadavres éparpillés. Il regarda le mage avec un sourire complice.

  Mais ce moment de triomphe ne dura pas. Un grand bruissement d’aile se fit entendre, un immense dragon aux écailles rouges apparut dans le ciel pour venir se poser devant les deux compagnons. Le guerrier rengaina son épée. Il fit face au dragon, grognant, et dont les naseaux fumaient.

_ Alors, ami dragon, tu souhaite combattre ? Laisse moi te montrer les forces en présence. Mon ami et moi ne sommes peut être pas en mesure de te tuer, mais nous pouvons t’affaiblir, et laisser l’armée du royaume que tu vois là t’achever.

_ Tu parles fort pour un être aussi petit. Répondit le dragon nullement impressionné. La magie que j’ai vue est forte mais ne peut pas grand-chose contre moi. Pourquoi hésiterais-je à te croquer toi et ton compagnon ?

_ Tu hésite déjà, ami dragon, puisque tu ne l’as pas déjà fait. Tu sais que toute folle qu’elle soit, la possibilité existe que je ne t’aie pas menti.

_ Et que gagnerai-je à t’épargner ?

_ Tu as conclu un pacte avec la princesse noire ?

_ Elle m’a promis des terres.

_ Je te promets les siennes, si tu t’engage à ne pas nous agresser. Je ne demande rien d’autre

  Le dragon se dressa, battit des ailes et s’envola pour rejoindre son antre.

 

   Le soir tomba lorsque les troupes du royaume, commandés par le guerrier et le mage arrivèrent en vue du château de la princesse noire. Le camp fut établi, et les guerriers, fourbus, se couchèrent tôt.

 

L’homme se réveilla en même temps que sa femme. Il était temps de se lever, de se préparer et d’aller au travail, non sans aller réveiller sa fille. Le soir, il aurait une novelle histoire de chevaliers et de dragon à lui raconter…

 

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 21:42
Je n'aurais peut être pas du me retourner avant de rentrer à nouveau dans l'immeuble. Mais bon, c'est un reflexe chez moi. Et me voilà, chez moi, devant un flacon de produit ménager. Je ne sais pas, j'ai comme une envie de m'en envoyer une grande razade. Je ne sais pas.
Je ne sais pas,non, exactement comment ça a commencé. Peut être quand l'état a voté une loi régulant le suicide. Il y en avait trop, alors comme on n'arrivait pas à convaincre les gens de ne pas se tuer, on a conçu des endroits pour qu'ils puissent faire ça gratuitement, c'est plus propre.
Ou peut être avant, quand ma femme m'a quitté. Je voulais un enfant, et elle m'a expliqué que le monde d'aujourd'hui n'était pas fait pour qu'on ait des enfants.

Je ne sais pas. Mais bon, je n'arrête pas de repenser à cette journée. Quand, à l'heure de la pause, nous sommes sortis pour prendre un peu l'air, moi et mes collègues. Nous n'avions rien à dire, alors nous nous taisions. Je fumais une cigarette, mon collègue à ma droite mâchait sans conviction une barre chocolatée, un autre buvait une bière, et le dernier lisait son journal. Sur mon paquet, en carctères gras, on pouvait lire "FUMER TUE". Sur l'emballage de la barre chocolatée "MANGER TUE". Sur la canette de bière, "BOIRE TUE". Et derrière le journal, "VIVRE TUE". En levant les yeux au ciel, nous avons vu passer un avion tirant une banderolle "RESPIRER TUE". Nous avions encore çinq minutes de pause, mais nous avons préféré rentrer. C'est là que je me suis retourné, histoire de jeter un dernier coup d'oeil. Et j'ai vu, fugacement, un établissement de pompes funèbres. Il y avait une banderolle au travers de la vitrine, qui disait juste "CONTINUEZ". Je n'aurais pas du me retourner, je pense. Enfin, je ne sais pas...
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