Je crois que je sais écrire de la science fiction
_Arthur, il semble que ta petite idée n'était pas au point.
_ Je l'ai remarqué, Damien. Nous avions un prisonnier en cavale, et maintenant nous en avons deux, et cela par ma faute.
_ Quelle leçon devons nous en tirer, Arthur ?
_ Je ne sais pas. Il y a encore quinze jours, tout était sous contrôle, tout allait bien. Et puis il y a eu ce massacre, impromptu, inexplicable. Ton idée a été de le laisser se dissiper tout seul. Alors nous avons laissé pisser. Et puis voilà que ça s'infecte. Des gens commencent à se poser les mauvaises questions. On essaie de noyauter les groupes de dissidents pour tuer dans l'œuf toute tentative de révolte, et voilà que nos agents se dénoncent, comme s'ils venaient de se découvrir une conscience. On envoie les borgs, et les borgs eux-mêmes se découvrent des sentiments. Les irréguliers se réveillent et commencent à faire des attentats au feu d'artifice. Des attentats artistiques. Alors je comprends qu'on a une anomalie en liberté. Le détenu A, et j'ai la brillante idée de lancer son compagnon de cellule à ses trousses. Ce compagnon se libère, rejoint A en nous volant un de nos meilleurs borgs. Nous avons déclaré la loi martiale, nous surveillons les rues et les habitants, mais même notre surveillance est sujette à discussion.
_ Conclusion: nous n'avons plus les armes suffisantes pour régulariser la situation. Il va falloir faire appel à Lui.
_ C'est ce que je craignais, figure toi. Ce que je déteste chez les ordinateurs comme toi, c'est qu'ils ne savent pas annoncer les mauvaises nouvelles avec tact.
_ Je peux improviser un programme de tact si tu le souhaite.
_ Non merci, Damien, ça me ferait trop penser à de l'hypocrisie. Peux tu me calculer le taux d'expansion de l'irrégularité ?
_ Nous en sommes actuellement à 9.25%
_ Donc, globalement, tout va très bien. Demande aux robots cuisiniers de m'apporter une bouteille de scotch…