Je crois que je sais écrire de la science fiction
Deux hommes marchent seuls dans les rues désertes d’une Apocaville où l’on sent la panique diffuse et la lassitude palpable. Le premier marche les mains dans les poches, la tête rentrée entre les épaules, l’air boudeur ; l’autre a un air attentif, la tête levée
_ Vous cherchez quoi, en regardant comme ça ?
_ Lorsque je ne sais pas trop quoi faire, je compte les choses, ça me distrait.
_ Et là, vous comptez quoi ?
_ Les fenêtres des bâtiments. J’en suis à 7832 jusqu’à présent.
_ Et les vaisseaux aliens, vous avez pu les compter, tout à l’heure ?
_ Oh, bah, je n’ai pas pu compter avec précision, mais grosso modo, il y en avait aux alentours de 3244… à 10 près.
_ Non mais vous êtes vraiment une calculette vivante !
_ Ca aide quand on est statisticien. Et vous, j’imagine que vous échafaudez un plan pour résoudre la situation, non ? C’est vous le héro, non ?
_ Oui, dans cette ville, c’est moi. J’aurais bien aimé qu’un type qui vole, qui ait des yeux laser et une force telle qu’il aurait pu affronter cette horde d’envahisseurs à mains nue, soit à ma place. Mais non, il n’y a que moi, et tout ce que j’ai c’est un bras gauche un peu costaud.
_ Bah… ça compte, non ?
_ A peu près autant qu’un cure-dent face à un bazooka. C’est comme ça tout le temps. J’ai à chaque fois l’impression d’être bruce lee lâché dans une arène face à un camion muni d’un pare-buffle.
_ Ah ! Bah dans ce cas… je peux peut être vous aider, non ?
_ Ah, c’est vrai vous êtes là, j’ai la joie d’avoir un statisticien à mes côtés. Mais d’ailleurs, qu’est-ce que vous faites là ?
_ Moi ? Je vous suis, je ne connais personne dans cette ville, à part vous.
_ Bon… assez de discussion, je déteste par avance ce que nous allons faire, mais je n’ai pas d’autre option pour l’instant, mais il va falloir qu’on y aille…
_ Où ça ?
_ Au club des ratés !