Je crois que je sais écrire de la science fiction
La mélancolie du maitre
L’homme regardait cette ville se déployer sous ses yeux. L’ascenseur situé sur une des façades de l’imposant immeuble lissait voir l’immensité de la ville qui se dévoilait au fur et à mesure que l’on montait. Ce spectacle ne lui apportait aucun réconfort. Une musique douce lui signala qu’il était arrivé. Il sortit de la cabine à pas lents. Autours de lui se trouvait une pièce propre et lumineuse, aux murs marbrés de blanc et de bleu ciel. Devant lui, une femme lui adressait un grand sourire en lui tendant la main. Il la serra par politesse.
_ C’est un plaisir de vous voir ici Monsieur Smith. Le docteur ne va pas tarder à arriver. Désirez vous un rafraîchissement ?
Smith fit non de la tête et congédia la femme d’un geste de la main. Celle ci partie, il poussa un long soupir. Il se sentait vieux, trop vieux. Croisant les bras, il resta debout à attendre le docteur. Il n’eut pas longtemps à attendre, la porte située devant lui coulissa et fit place au meilleur androïde médecin existant actuellement. Smith fut soulagé de voir enfin quelqu’un qui ne parlait pas inutilement.
_ Bonjour monsieur Smith, dit le docteur. Veuillez me suivre, s’il vous plait.
_ Tout est prêt ? demanda Smith
_ Tout est prêt, comme vous l’avez demandé.
Ils arrivèrent dans une salle froide dans laquelle ils pénétrèrent par un sas. Au centre de cette dernière se trouvait une sorte de sarcophage de verre. Smith essuya la buée sur le verre d’un geste de la main. Le visage qu’il vit à travers le verre le fit sourire, d’un sourire mélancolique. Sa femme dormait d’un sommeil de glace, plus belle que jamais.
_ Elle va bien ?
_ Son état est stable, et elle nous avons réussi à la guérir complètement de sa maladie. Selon vos ordres, elle sera réveillée ce soir à 20h.
_ Bien, dit Smith. Allons voir l’autre moitié du travail.
_ Par ici, je vous prie.
Ils pénétrèrent dans une nouvelle chambre froide, au milieu de laquelle se trouvait un autre sarcophage. Un jeune homme ressemblant étrangement à Smith dormait dans ce dernier.
_ Votre clone parfait, monsieur, comme demandé. Nous lui avons implanté votre mémoire, jusqu’à l’âge de 24 ans, comme convenu.
Smith posa ses mains sur le verre du sarcophage. Il parla. Plus pour lui-même que pour l’androïde :
_ C’est cet homme là qu’elle aimait. C’est avec cet homme là qu’elle devra vivre désormais. Après ce que j’ai fait pour devenir un homme puissant, un homme riche et respecté, elle me détesterait maintenant…
_ Comme vous l’avez demandé, un exemplaire de votre journal intime a été copié et placé dans les affaires de votre clone. Dois-je lui donner des consignes particulières en ce qui le concerne ?
_ Non, docteur. L’histoire de ce jeune homme n’est plus la mienne. Je vous remercie docteur. Je vais partir.
L’après midi touchait à sa fin. Un soleil de cuivre touchait l’horizon. Smith monta les marches de son jet privé. Il s’assit, attacha sa ceinture et regarda par le hublot.
_ Nous partons quand vous voulez, monsieur. Dit le pilote
_... Emmenez moi loin d’ici ! dit Smith.
Emmenez moi loin d’eux, pensa-t-il.