Je crois que je sais écrire de la science fiction
PAUVRE ANDOUILLE !!! IMBECILE HEUREUX !!! IDIOT CONGENITAL !!!
_ Euh… C’est moi qui dis ça ? Demanda Spot, encore secoué par ce qu’il entendait, et surtout par qui il les entendait.
_ OUAIS ! Tu peux dire ça, Pierrot bonjean, petit statisticien de seconde zone, tu entends ton propre fantôme te dire c qu’il a sur le cœur depuis des années. TU AS GACHE TA VIE CRETIN !
_ Mon fantôme ? Vous êtes en train de me dire que je suis mort ?
_ Bah oui, comme tout le monde lors de la catastrophe.
_ Excusez-moi, mais, j’ai l’air mort pour vous ?
_ Non, mais… je… c’est d’abord… et puis cesse de me vouvoyer, on est la même personne, toi et moi, alors inutile de nous traiter en étrangers.
_ Heu… Oui. Mais j’aimerais comprendre… Je suis mort, et en même temps je suis vivant…
_ Bon, bah, oui, t’es une singularité.
Spot distingua une certaine amertume dans la voix de son double fantomatique.
_ Quelque chose ne va pas ?
_ Un peu, oui, d’abord, ça fait plus de six cents ans que je suis mort… Et puis, j’ai toujours rêvé d’un jour où je me retrouverais en face de moi-même pour me dire tout ce que j’avais sur le cœur. Petit statisticien de daube à la vie terne et sans relief. Tu te rends compte à quel point tu as rendu ta vie inintéressante ? Et maintenant que ce vœu est réalisé, et bien je ne me sens pas soulagé comme je le souhaiterais.
_ J’en suis le premier désolé. Où sont les autres, au fait ?
_ Les autres fantômes ? On est sorti de la zone, tu n’as pas vu ?
_ Ah ? J’ai marché pendant tout ce temps ? Et toi, tu es là ?
_ Ah, bah, je me suis trouvé moi-même, alors je reste avec toi.
_… Bon d’accord
Spot déplia la carte et chercha la route qui le menait à la ville.