Je crois que je sais écrire de la science fiction
Comment vous expliquer ce qu’est l’anneau d’Ellrud ? Les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont « magnifique aberration ». Il s’agit d’un défi aux lois de la physique. Imaginez une planète, telle saturne, dont l’anneau serait fait d’eau. Je ne vous parle pas de cristaux de glace, mais d’un véritable océan liquide gravitant autour d’une planète. C’est sur cet océan que flotte la cathédrale noire, la maison des gardiennes.
Mon vaisseau étant adapté à l’environnement marin, je n’ai eu aucun mal à amerrir sur l’anneau. Nous sommes sortis par l’écoutille du toit, moi en combinaison spatiale, la gardienne sans rien de plus que sa robe. J’avais froid pour elle, mais elle semblait à son aise dans cet environnement pourtant glacé. Il y a bien une atmosphère sur l’anneau, mais la température y est glaciale. Pourquoi l’eau ne gèle-t-elle pas ? Encore une énigme de ce lieu. Je vis à l’horizon les hautes tours de la cathédrale noire. Et de celle-ci sortit une embarcation qui se rapprocha rapidement. La gardienne s’était annoncée à ses sœurs. Alors que nous attendions l’arrivée des bateaux, je lui demandai :
_ Dites moi. Que gardiez vous dans votre temple ?
Elle tourna son visage vers moi. Elle était décidément très belle.
_ Une fleur, dit elle.
_ Une fleur ?
_ La dernière de son espèce sur cette planète.
_ Et qu’avait elle de particulier cette fleur ?
_ Elle était très jolie.
_ C’est tout ?
_ C’était suffisant.
_ Quel est votre rôle, à vous les gardiennes ?
_ Nous sommes là pour garder la beauté.
Je restai interdit un moment en face d’elle.
_ vous pensiez à autre chose ? des minéraux précieux ? Une source d’énergie ? Une arme destructrice ? Ca trouverait plus de valeur à vos yeux ?
_ … Je ne sais pas. Je pense que ça me choquerait moins.
_ Notre rôle est de préserver ce qui donne sa valeur à la vie. Posez vous cette question : Pourquoi est-ce que vous continuez à vivre ? Si vous trouvez une réponse, alors sachez que nous sommes là pour que cette réponse continue d’exister.
Je n’’ai pas eu à répondre. Les bateaux étaient arrivés.