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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 21:51
Pour faire plaisir à miss SAD, qui ma demandé une nouvelle histoire d'horreur. je me suis essayé dans un genre un peu plus... explicite.

La nuit au bureau

 

            Ray se passa la main sur le visage tandis que la machine ronronnait devant lui. Lorsque celle-ci eut terminé, il saisit le gobelet en plastique et porta à ses lèvres le liquide noir, chaud et sucré qu’il contenait. Ca avait le goût du café, et il n’en demandait pas plus. Il soupira d’aise et de lassitude avant de regagner son bureau. Il s’assit sur sa chaise, se frotta les yeux et regarda l’écran devant lui. Il en avait encore pour une heure à taper ce rapport, mais au moins il l’aurait fini pour demain. Ses mains se remirent à taper sur le clavier, parfois rapidement, parfois de manière hésitante. De temps en temps, il s’accordait une petite pause pour soupirer, s’étirer ou avaler une gorgée de café, souvent les trois à la suite.

  Un tremblement dans son pantalon le sortit d’une torpeur naissante. Il plongea tant bien que mal la main dans sa poche pour en extirper le téléphone portable

_ Allo ! dit il.

_ Salut, voisin ! Je te vois !

  Ray se retourna, toujours assis et vit une fenêtre allumée de l’autre coté de la cour intérieure, deux étages plus haut.

_ Bonsoir, Patrick ! Alors toi aussi tu as un rapport à taper ?

_ Presque ! Un bilan. J’en ai encore pour une demi-heure, tu voudras qu’on aille se finir dans un bar après ?

  Ray regarda sa montre.

_ Il faudra en trouver ouvert à cette heure.

_ Ne t’en fais pas pour ça. Comment t’a pu entrer au fait ?

_ Je suis resté après le départ de tout le monde. C’est fou comme ils partent vite dans cette boite. Comme si le diable arrivait juste après.

_ Ouais, j’ai fait pareil… Hé, c’est quoi ça ?

  Patrick désignait la cour intérieure. A première vue, elle avait l’air calme, plongée dans l’obscurité… En regardant attentivement, il vit l’animal. A première vue, la chose avait l’air d’une sorte de gigantesque tigre écorché, aux muscles saillants, presque aussi grand que l’étage. La faible lumière qui l’éclairait donnait à sa peau une couleur violette.

_ T’as… T’as vu ça ? dit Patrick.

  La bête leva la tête vers le bureau de ce dernier. La tête, vaguement féline, était constituée principalement d’une mâchoire puissante aux crocs démesurément longs. Ses yeux étaient perpétuellement exorbités. Elle ouvrit la bouche et un hurlement évoquant celui d’un loup en sortit.

_ Je crois que ça t’a vu, dit Ray

_ Bon sang, mais c’est quoi ce truc ?

_ On s’en fout, je crois qu’on a plutôt intérêt à sortir.

_ Ouais, d’accord. Je descends.

  Patrick se saisit de son blouson qui pendait sur le dossier de son fauteuil, l’enfila rapidement et se dirigea vers la sortie de son bureau

_ ATTENDS PATRICK ! Cria Ray

_ Quoi ?

_ Ne sors pas de ton bureau par cette porte. Je crois que j’en ai vu un autre de l’autre coté !

  Patrick prit la porte de l’autre coté de son bureau. Ray le vit longer le couloir bordé par la baie vitrée, et arriver vers les ascenseurs. Il le vit appuyer nerveusement sur le bouton.

_ Il est derrière moi ?

_ Non, il a l’air d’être parti. Comment tu vas faire avec celui qui est en bas ?

_ Je monte sur le toit, je vais sortir par l’échelle de secours. Tu ferais bien d’en faire autant.

_ Oui, Patrick… C’est bizarre, celui du bas, il n’est plus là. Ils ont l’air d’être partis.

_ Peut être, mais je sors quand même

_ J’arrive…

_ Oh, mon dieu…

_ Quoi ?

  Et Ray comprit la voix blanche de son ami. Le monstre savait prendre l’ascenseur. Patrick n’eut pas le temps de se retourner. Un coup de patte le projeta contre la vitre. Les griffes avaient lacéré sa gorge. Patrick glissa lentement le long de la vitre, laissant une traînée de sang. L’animal prit son temps, posa sa patte sur le corps allongé de l’infortuné avant de commencer à se repaître.

Ray avait gardé le téléphone contre son oreille. Il entendait les bruits de mastication mêlés aux râles et aux gargouillis de son ami qui n’en finissait pas de mourir. Dans un dernier réflexe, Patrick mit sa main ensanglantée contre la fenêtre. Un déclic se fit dans la tête de Ray. Il fallait qu’il sorte. Il se retourna, prêt à partir, et il le vit. L’autre monstre était en face de lui et feulait. De face, il pouvait voir ses pattes énormes d’où sortaient d’énormes griffes. Il lâcha son téléphone d’où il entendait encore, affaiblis par la distance, les râles de douleur de son ami.

  C’est un rêve, se dit Ray, ça ne peut être qu’un rêve. Nous sommes en pleine nuit, je vais me réveiller… Et la bête bondit sur lui.

            Le coup de patte le projeta contre le mur où il se brisa le nez. Il retomba par terre, encore trop sous le choc pour se rendre compte de la douleur. Il se senti saisi par le bras et projeté contre le mur d’en face. Il ouvrit la bouche pour cracher un flot de sang. Respirant avec peine, il leva sa main devant ses yeux, ou du moins, il essaya. Quand il vit que son avant-bras était resté dans la gueule du monstre et qu’il essayait vainement de se protéger avec un moignon d’où le sang giclait, il sut qu’il ne rêvait pas. Quand la bête lui sauta dessus à nouveau et arracha sa tête, il ne sut plus rien du tout…

 

            Deux nouveaux employés qui n’avaient pas tenu compte des avertissements relatifs à la surveillance nocturne des bureaux.

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Published by Space Freak - dans histoires courtes
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commentaires

Caliope 22/03/2009 22:47

Y zont pas eut de veine c'est deux là !

Space Freak 22/03/2009 23:05


Et oui! Ils illustrent magnifiquement l'expression "se tuer au travail"


SAD 22/03/2009 20:26

ouais!!! j'ai adoré dessiné ça!!!

Space Freak 22/03/2009 23:05


Et moi j'adore ce que tu dessines!!!


SAD 20/03/2009 09:24

ah ouais!!! j'adore la chutte!!! splendide...

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