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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 08:00
Et voici donc le texte en version fantasy. Je n'en dirai pas plus, je vous laisse juge du résultat:

La solitude du seigneur

 

            L’homme regardait le paysage qui s’étendait devant lui. Il était sur un balcon donnant dans la plus haute tour du château et ce qu’il voyait ne le réconfortait plus. Lente avait été son ascension vers le pouvoir, et maintenant qu’il y était arrivé, il n’en comprenait plus le but. Il se retourna et rentra dans la tour. La pièce qu’il vit était propre, les murs étaient tapissés simplement et avec goût. Il entendit des pas dans l’escalier.

  Une jeune servante apparut dans l’embrasure de la porte. Devant le seigneur, elle s’inclina et parla d’une voix un peu intimidée.

_ Seigneur Scyx, le grand mage m’a envoyée pour vous signaler qu’il vous attendait. Souhaitez vous que je vous escorte ?

  Le seigneur congédia la jeune femme d’un geste de la main. Celle-ci partie, il poussa un long soupir. Il se sentait vieux et usé par le pouvoir. Il descendit.

  Arrivé en bas de la tour, il prit un long couloir qu’il traversa jusqu’à une lourde porte de bois sur laquelle étaient sculptés deux dragons. Il entra sans frapper. Derrière la porte l’attendait un homme grand vêtu d’un ample vêtement bleu nuit, portant chapeau et barbe, et qui semblait l’attendre. Scyx était soulagé. Il le connaissait et il savait que l’homme ne parlait qu’en termes directs et clairs.

_ Bienvenue, majesté, dit le mage. Tout a été préparé selon votre désir. Suivez moi.

  De la chambre du mage partait un couloir obscur et froid. Le mage tenait une torche et précédait Scyx. Ils arrivèrent dans une chambre. Le mage fixa la torche au mur et invita le seigneur à entrer. Au centre de cette chambre, sur une table en pierre, était couchée une jeune femme, vêtue d’une grande robe verte. Scyx la regarda et eut un sourire mélancolique. Du dos de la main, il effleura la joue de sa bien-aimée. Elle était si belle. Elle n’avait changé en rien depuis ce jour, contrairement à lui.

_ Comment va-t-elle ? demanda-t-il.

_ La malédiction dont elle a été victime prendra fin ce soir. De nouveau elle sera éveillée, et le temps coulera pour elle

_ C’est bien, c’est très bien. Elle ne doit pas me voir, vous comprenez ? Depuis que je l’ai perdue, je n’ai eu de cesse d’obéir à mon ambition, d’amasser argent et pouvoir, au détriment de mes anciens idéaux, la justice, la paix, l’égalité… L’homme qu’elle aimait est mort…

Le mage restait imperturbable en entendant ces paroles.

_ Mon ami, continua Scyx. Vous, vous n’avez pas eu cette soif de pouvoir, et votre évolution fut plus paisible. Je peux lire cette paix dans vos yeux.

_ Disons, mon seigneur, que mes ambitions étaient d’un autre ordre…

_ Sortons d’ici.

            Les deux hommes marchaient dans la cours du château, aménagée en terrain d’entraînement aux armes. Un jeune homme, au milieu de ce terrain, s’entraînait au maniement de l’épée. Son visage était avenant et son habileté indéniable. Le seigneur et le mage s’arrêtèrent. Le jeune homme ne les remarqua pas.

_ Je me retrouve dans ce jeune homme, mon ami. Il y a chez lui la fougue et l’idéalisme que j’avais dans le temps. C’est pour cela que je l’ai pris sous ma protection.

_ Vous souhaitez donc tout lui laisser ? Le commandement du pays, le château… La femme ?

_ Tout, dit Scyx. Il en fera meilleur usage que moi. Elle m’aimait, et je sais qu’elle l’aimera.

_ Comme vous l’avez demandé, vos mémoires lui ont été léguées. Dois-je lui en parler ?

_ Montrez les lui, mais sans insister. Ce qu’il en fera ne me concerne déjà plus. Restez à ses cotés cependant. Il aura besoin d’un conseiller avisé tel que vous.

  Scyx posa la main sur l’épaule du mage

_ Que ne vous ai-je pas eu comme ami plus tôt, dit il.

            L’après midi touchait à sa fin. Un soleil de cuivre touchait l’horizon. Scyx monta dans son carrosse doré. Il s’assit, ferma la portière et regarda le paysage.

_ Nous partons quand vous voulez, monsieur. Dit le conducteur

_... Emmenez moi loin d’ici ! dit Scyx.

 Emmenez moi loin d’eux, pensa-t-il. Ne me laissez pas gâcher leur vie.

 

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Published by Space Freak - dans histoires courtes
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commentaires

Relka Kappec 21/01/2009 02:20

Que dire de plus, c'est parfait.
Avec ou sans boulons les deux histoires me plaisent beaucoup.

Superbes textes Space freak, tu es bien parti maintenant pour écrire de la S.F et de la Fantasy.

Amitiés Relka.

Lud 18/01/2009 12:59

J'ai commencé par cette version, je me rends maintenant dans l'espace science-fiction...

Sylvain 17/01/2009 15:48

Je suis assez d'accord avec Alice. La résolution est très différente dans la version fantasy.
Petite remarque personnelle : tu n'as pas lésiné surles clichés dans ette version pour faire plus "fantasy", un château, un mage barbu, même des dragons. Moi qui ne lis pas de fantasy, ça m'a bien fait rire.
Mais, en attendant, tu as réussi ton pari avec brio. Bravo.

Alice 17/01/2009 13:52

Il y a quand même quelques différences, même si la trame reste identique. SF : c'est le même homme sans ses souvenirs. F : c'est un autre homme avec d'autres souvenirs et qui connaît l'original. Ca peut tout changer sur la suite de l'histoire ^^.
Pourquoi ne pas le faire rajeunir par le mage ? ou faire intervertir les psychés dans les clones ?

Malek Hamadou 17/01/2009 12:56

Tu es doué pour les batailles, et apparemment, c'est aussi le cas pour les sentiments.

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