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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:00

  L’image de cet homme et de cette femme me hanta pendant toute la soirée. Je m’endormis dans le cockpit, en rêvant de ce baiser. Je me réveillai en sursaut, manquant de peu de me cogner la tête. La nuit sur cette planète avait des allures de crépuscule permanent. Une lumière diffuse et floue semblait émaner de la brume. C’est grâce à cette lumière que j’ai pu le voir. Il était assis, en face de moi, calme et patient. Il avait un visage dur et carré, mais son expression, empreinte de tristesse et de douceur, ne carrait pas avec le personnage militaire. Car militaire, il l’était, son uniforme le prouvait.

 

_ Qui êtes vous ? Lui ai-je lancé.

 

  Il n’a pas répondu. Il s’est contenté de passer sa main dans ses cheveux. C’est à ses cheveux que je l’ai reconnu. C’était l’homme du baiser qui se tenait devant moi.

 

_ Qu’est-ce que vous voulez ?

 

  Toujours pas de réponse. Il s’est levé et est sorti du vaisseau. Il n’a pas ouvert le sas, il est simplement passé à travers la cloison. Je me suis levé, ai attrapé mon paquetage de survie, mon relais balise, et je suis sorti. Dehors, le froid s’était mêlé à la pluie, mais l’homme s’en fichait. Il m’attendait, marchant sur l’eau. La pluie passait à travers lui. Il s’est mis à marcher, à un rythme régulier, assez lent pour que je puisse le suivre en pataugeant. Nous avons traversé une forêt. Dans la lumière faible, j’avais du mal à distinguer les arbres des animaux potentiellement dangereux. Suivre cet individu me semblait à la fois important et de la plus haute imprudence.

 

La forêt a débouché sur une clairière, toujours inondée. D’abord au niveau des genoux, l’eau m’arrivais maintenant à la taille et suivre l’individu était de plus en plus ardu. Pourtant il continuait, toujours assez lentement pour que je le suive. Et puis il s’arrêta. Ce fut à ce moment que je me rendis compte qu’il était trop tard. L’eau m’arrivait au niveau des côtes et le courant, presque imperceptible au début, avait forci au fur et à mesure de mon avancée, et lorsque l’homme s’est arrêté, moi je n’ai pas pu, et j’ai été entraîné, vers ce qui s’est révélé être une chute d’eau.

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Published by Space Freak - dans histoires courtes
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commentaires

Nilumel 16/04/2011 10:52


C'est très beau! Merci! Je lis la suite...


Caliope 15/04/2011 21:00


O-M-G mes yeux se sont balladés sur le commentaire de Malek. ahhhhh...Ahhhhhhh.... je reviendrais lire la semaine pro, même si maintenant, grâce à Malek, j'ai une vague idée de la chose lol.
Bref... je suis venue car ce matin, au réveil, j'ai entendu une annonce... Comme quoi ce week end, il y avait un truc spécial à Paris, une rencontre de Ukulélé. D'ailleurs, ils ont évoqué James
Hill, un canadien prodige dans le ukulélé. Sachant que tu habites la région parisienne et que tu tâtes de l'instrument ;-)

Bon week end Space !


Space Freak 15/04/2011 22:21



Merci, amie Caliope! Pour dire vrai, il y a longtemps que je suis au courant pour ce rendez vous ukuleliste, et il est vrai que James Hill est un
véritable génie! Hélàs, trois fois hélàs, ma journée du 16 avril est planifiée depuis longtemps, et je ne pourrai donc me rendre au ukulele boudoir! Donc, tant pis, mais merci pour ta délicate
attention



Malek 12/04/2011 12:58


Piégé par un spectre ! Un peu comme les sirènes finalement, sauf que le spectre ne chante pas.


Space Freak 12/04/2011 13:29



Non, mais il va bientôt parler...



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